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mercredi 1 avril 2026

L'olivier et le figuier.

                                         Les arbres mythiques:
L'olivier et le figuier.


"Si vous êtes ici, ce n’est pas un hasard. Prenez le temps de lire. De ressentir. De vous souvenir. Car au fond, ces histoires ne parlent pas seulement de Guenzet. Elles parlent de nous tous."

Depuis mon enfance, une interrogation tenace hante mon esprit : pourquoi donc les anciens Kabyles plantaient-ils toujours l’olivier et le figuier côte à côte ?
Cette image, si familière dans nos villages, n’a jamais cessé de me tarauder. Était-ce un simple hasard agricole, une habitude transmise sans réflexion, ou bien un geste porteur de sens, de mémoire et de sagesse ?
Qu’est-ce qui poussait réellement nos ancêtres à associer ces deux arbres dans un même espace ?
Pourquoi, à travers les générations, le Kabyle s’est-il identifié si fortement à l’olivier et au figuier, au point que ces deux symboles végétaux semblent incarner son identité profonde ?
Existe-t-il une ou plusieurs raisons cachées derrière cette proximité, où se mêleraient la nécessité de nourrir, le respect de la nature et une vision presque spirituelle du monde ?..
Alors, je me suis décidé à entreprendre mes propres recherches, dans l’espoir de découvrir un fragment de vérité. Peut-être, pensais-je, qu’en fouillant patiemment, je finirais par trouver une explication.
Comme je suis d’un tempérament méthodique, avec un esprit que l’on pourrait dire cartésien, j’ai choisi d’aborder ces deux arbres « suspects » avec rigueur, comme s’ils cachaient un secret à percer.
Je me suis ensuite tourné vers les anciens, les gardiens de la mémoire. Leurs paroles, parfois simples, parfois voilées de mystère, laissaient entrevoir que l’olivier et le figuier ne sont pas de simples arbres : ce sont des compagnons de vie, enracinés dans la culture et l’imaginaire kabyle.
L’un nourrit par son huile, claire et pure, l’autre apaise par la douceur de ses fruits.
L’un symbolise la persistance, l’autre la générosité.
Puis, je me suis plongé dans les récits, les proverbes et même les textes sacrés où ces deux arbres reviennent comme des motifs éternels.
L’olivier y incarne la paix, la lumière et la longévité. Le figuier, quant à lui, évoque la fécondité, l’abondance et l’accueil. Ensemble, ils composent une sorte d’alliance spirituelle, une leçon de sagesse que nos ancêtres ont voulu graver dans la terre et transmettre à leurs descendants.
Et plus j’avançais dans mes recherches, plus je sentais que ces arbres parlaient un langage silencieux. Ils racontaient l’histoire d’un peuple enraciné dans sa montagne, qui savait que pour survivre il fallait associer la rigueur et la tendresse, la patience et la générosité.
Ainsi, au fil de mes recherches, une évidence s’imposait à moi : l’olivier et le figuier ne sont pas de simples voisins dans les champs kabyles, ils sont de véritables compagnons de route, faits pour cohabiter. Dans ces montagnes rudes et généreuses à la fois, leur union n’est pas un hasard, mais un pacte silencieux.
L’olivier, solide, au tronc noueux et au feuillage persistant, veille comme un sage. Il supporte la sécheresse, résiste aux vents, et offre son huile précieuse, véritable or liquide.
À ses côtés, le figuier déploie ses larges feuilles et ses fruits doux, gorgés de soleil. Il apporte une ombre légère, une fraîcheur bienvenue, comme une caresse au milieu des étés brûlants.
Ensemble, ils forment une alliance subtile : l’un protège, l’autre adoucit ; l’un nourrit la lampe et le pain, l’autre rassasie l’enfant et le voyageur.
Leurs racines plongent dans la même terre, leurs branches se frôlent parfois, et c’est comme s’ils se parlaient dans un langage secret que seuls les anciens savaient entendre.
Le figuier protège naturellement l’olivier.
Car la mouche de l’Olivier, l'une des plus
grandes menaces pour l’olivier est irrésistiblement attirée par l’arôme sucré des figues. En s’approchant et en touchant le fruit du figuier, l’insecte meurt : le suc de figue agit comme un piège létal naturel. Ainsi, planter un figuier tous les quatre oliviers pour maintenir la population de mouches sous contrôle, permet de le contrôler sans pesticides ni produits chimiques. Uniquement par la puissance de la nature pour protéger les récoltes de façon organique, durable et ancestrale.
Alors, dans chaque village, leur présence côte à côte était une promesse : celle de la continuité, de la paix et de l’abondance.
Ils rappelaient au Kabyle que la vie ne peut être complète que lorsqu’elle marie la force et la douceur, la patience et la générosité.
L.ouali décembre 2025.
Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.


👉 /L'olivier et le figuier-guenzet-village-kabyle.

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