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mercredi 12 août 2026

Mon ami Zendra.

Mon ami Zendra.

"Un récit nostalgique consacré à Tanaqucht, à l’amitié, à la solidarité villageoise et aux traditions kabyles d’autrefois, entre souvenirs d’enfance et mémoire collective."


Je vous prends par la main et vous invite à un voyage dans le temps, un retour vers une époque où simplicité, chaleur humaine et solidarité régnaient en maîtres.

Plonger dans ce passé révolu est une expérience à la fois émouvante et enrichissante, car il révèle une richesse culturelle inestimable, aujourd’hui presque oubliée.
À cette époque, on ne mangeait pas toujours à satiété, et nos vêtements, souvent modestes, n’étaient pas des plus convenables.
Pourtant, le bonheur habitait chaque recoin de notre quotidien. La joie n’était pas liée à l’abondance matérielle, mais à la force des liens humains et au partage sincère.
Ces souvenirs, gravés dans le cœur de ceux qui les ont vécus, sont comme des éclats de lumière. Ils éclairent les temps modernes, où l’agitation et la distance nous éloignent trop souvent de ces valeurs authentiques.

Revenir, ne serait-ce qu’un instant, à ces jours où la vie semblait plus douce, plus proche de la nature et des relations humaines, est un rêve partagé par beaucoup.
C’était une jeunesse où tout paraissait possible, où les rires des enfants remplissaient la claire voie de la Djemaa, et où les anciens, assis autour de l'atre , racontaient des histoires fascinantes qui animaient nos soirées.
Ces moments restent gravés dans nos âmes comme un trésor intemporel, un héritage précieux qui traverse les générations.

Notre quartier légendaire de Tanaqucht était le symbole même de cette vie authentique.
Il vivait comme une ruche d’abeilles, grouillant d’animation et de camaraderie.
Autour de la mosquée Laaraf, avec son minaret imposant et sa claire voie qui servait de lieu de rassemblement, s’organisait toute la vie du village.
C’était le cœur battant de Tanaqucht, un lieu sacré où les traditions se transmettaient et où les villageois se retrouvaient pour prier, discuter ou simplement partager un moment ensemble.
Les ruelles sinueuses du quartier, bordées de petites maisons basses aux tuiles rouges et aux portes d’ébène, formaient un décor pittoresque.
Chaque maison, accolée à sa voisine, contribuait à l’harmonie de cet ensemble unique.
Ces habitations, regroupées en îlots appelés amtiq, portaient le nom des familles qui les occupaient. Nith Bahmed, Makhlouf, Hafri,l'hocine, Berkouk, Zendra, Amirat, Belaid,Bouchmoukh, Iharchawen, bouyemit et tant d’autres : ces noms résonnaient comme des témoins vivants d’une histoire locale profondément enracinée.
Chaque amtiq formait une petite communauté, un microcosme où la solidarité et le respect étaient des règles d’or.
Je me souviens particulièrement d’un jour où tout le village était en émoi.
Mon ami d’enfance, Zendra, avait perdu tous les siens dans un drame qui marqua les mémoires.

Ce fut un moment de tristesse partagée, où chaque habitant se mobilisa pour entourer mon ami de réconfort et d’amour.
Ce souvenir, bien qu’empli de douleur, reflète la profondeur des liens qui unissaient les habitants de Tanaqucht.
Ce récit, ces histoires ,ne sont pas qu’une simple description. C’est un hommage vibrant à un mode de vie traditionnel, un patrimoine unique qui continue de vivre dans la mémoire collective de ceux qui ont connu ces temps bénis.
À travers elles, je rends hommage à Tanaqucht, ce village légendaire, et à mon ami Zendra, qui, malgré les épreuves, a su trouver la force d’avancer.

Abdelouahab, est le fils de Dda Kassa Bellali (1900-1968), surnommé l’Européen dans le village pour sa liberté d’esprit, incarne à lui seul cette époque. Sa singularité, comme lorsqu’il traversait la Djemaa en culotte pour aller aux champs, faisait sourire tout le monde.
Zendra,est le fils de Delloula Saadoune,le frère de Mohand Akli, tragiquement disparu dans un accident de travail, et d’Idriss.

Même si le temps a transformé ce village et vidé une partie de sa substance, Tanaqucht conserve malgré tout son âme et ses valeurs intemporelles.

Lyazid Ouali. la mémoire ivante de Guenzet.

Lisez aussi :Le village Kabyl

Mon ami Zendra-Tanaqucht-Guenzet-Ith Yaala-souvenirs d’enfance






vendredi 7 août 2026

Le village Kabyle

                                            Le village kabyle.

(1875/1910).


"Le village kabyle de Béni Saf : l’histoire des ouvriers venus de Kabylie après 1871, leur vie dans les cités minières, leur travail et leurs traditions."


Il existait, non loin d’Oran, sur les hauteurs de Béni Saf, un village qui ne figurait sur aucune carte officielle. 

Il n’avait ni nom reconnu par l’administration, ni limites clairement tracées, et pourtant il vivait pleinement dans la mémoire et dans la parole des hommes. On l’appelait simplement le village kabyle.


Il était né peu à peu, au gré des arrivées, autour de la grande mine de Béni Saf, dont les entrailles fournissaient du minerai et faisaient vivre des centaines d’ouvriers. Chaque matin, avant même que le soleil ne se lève complètement, les hommes quittaient leurs modestes habitations pour rejoindre les puits et les galeries. 

Ils descendaient dans les profondeurs de la terre, armés de pioches, de lampes et de courage, pour arracher à la roche ce qui faisait la richesse de la mine.


Dans les ruelles poussiéreuses du quartier, on entendait parler kabyle à chaque coin de rue. Les voix se mêlaient aux bruits de la mine, aux appels des marchands.

Ici, les noms de villages de Kabylie revenaient sans cesse dans les conversations : Aït Yaala, Aït Ouacif, Béjaïa, Sétif… Chacun avait laissé derrière lui une maison, une famille, quelques oliviers ou un morceau de terre dont il ne savait pas s'il reverrait un jour la couleur.

La plupart de ces hommes étaient venus de Kabylie. Ils avaient quitté leurs montagnes, leurs villages accrochés aux pentes, leurs champs de figuiers et d'oliviers, non par goût de l'aventure, mais poussés par la nécessité.

Après la révolte de 1871, la situation était devenue particulièrement difficile pour de nombreuses familles kabyles. 

Les conséquences de l'insurrection, les confiscations de terres, la pauvreté et l'appauvrissement des campagnes avaient jeté sur les routes des hommes qui n'avaient plus grand-chose à attendre de leur terre natale. 

Certains partirent vers Alger, d'autres vers les villes de l'Ouest. Beaucoup finirent par échouer à Béni Saf, attirés par les salaires que promettait la mine.

Ils arrivèrent avec peu de bagages.

Un baluchon, quelques vêtements, parfois une vieille couverture, et surtout l'espoir de pouvoir envoyer quelques pièces à ceux qui étaient restés au village.

Au fil des années, ils formèrent une véritable communauté. Ils habitaient les mêmes quartiers, partageaient parfois les mêmes logements, fréquentaient les mêmes cafés et se retrouvaient le soir pour parler du pays. Après une journée passée sous terre, les conversations revenaient inévitablement vers la Kabylie.

On parlait des récoltes, des oliviers, des mariages, des décès, des nouvelles venues du village. 

On racontait les histoires de ceux qui étaient partis et de ceux qui étaient restés. Certains avaient le mal du pays ; d'autres avaient fini par considérer Béni Saf comme leur seconde patrie.

Mais cette présence importante des Kabyles ne tarda pas à susciter des commentaires.

Une rumeur commença à circuler dans les cafés, les échoppes et jusque dans les marchés :


— La direction favorise les Kabyles.


Personne ne savait exactement qui avait lancé la rumeur. Mais elle se répandit rapidement.

On disait que, pour obtenir un emploi à la mine, mieux valait être Kabyle. 

Certains parlaient de favoritisme. D'autres affirmaient que les Kabyles occupaient les meilleurs postes. 

Les conversations devenaient parfois vives, et les reproches se faisaient de plus en plus insistants.


La direction finit par entendre parler de ces accusations.

Un matin, le directeur de la mine, un Français installé depuis plusieurs années dans la région, décida de convoquer une assemblée générale. Il voulait mettre fin aux rumeurs, non pas par des discours, mais en laissant les faits parler d'eux-mêmes.

Les ouvriers furent rassemblés dans une grande cour. Ils étaient nombreux. Mineurs, mécaniciens, employés, ouvriers spécialisés et journaliers attendaient, certains avec curiosité, d'autres avec méfiance.

Le directeur prit la parole.

Il expliqua que la mine ne pouvait fonctionner qu'avec des hommes capables, sérieux et expérimentés. 

Il affirma que les origines, les villages ou les appartenances n'entraient pas en ligne de compte lorsqu'il s'agissait de recruter ou de confier des responsabilités.

Puis, d'une voix ferme, il demanda à ceux qui exerçaient certains métiers de s'avancer.


— Les électriciens !


Quelques hommes sortirent du rang.


— Les mineurs qualifiés !


D'autres avancèrent.


— Les mécaniciens !


Puis les comptables, les bûcherons, les cuisiniers, les employés administratifs, les ouvriers spécialisés…


À chaque appel, des hommes quittaient la foule et traversaient lentement la cour.


Au début, personne ne remarqua vraiment ce qui était en train de se produire.

Puis un silence étrange s'installa.

Les regards commencèrent à se croiser.

Les hommes désignés avaient un point commun : ils étaient tous Kabyles.


Un murmure parcourut l'assemblée.

Certains baissèrent les yeux. D'autres regardèrent leurs voisins avec étonnement. Ceux qui, quelques jours auparavant, accusaient la direction de favoritisme semblaient soudain ne plus savoir quoi dire.


Le directeur attendit que le silence revienne.

Il regarda longuement les hommes alignés devant lui, puis se tourna vers l'assemblée.


— Voilà ceux que nous avons recrutés. Nous ne leur avons pas demandé d'où ils venaient. Nous leur avons demandé ce qu'ils savaient faire.


Il marqua une pause avant d'ajouter :


— Ici, nous avons besoin de compétences, pas d'origines.


Personne ne répondit.


La scène dura quelques instants, mais elle resta longtemps dans les mémoires.

Pour certains, elle fut peut-être un désaveu. Pour d'autres, elle fut surtout le reflet d'une réalité que personne ne pouvait nier : 

ces hommes venus des montagnes avaient su trouver leur place dans un monde qui leur était pourtant étranger.

Ils avaient appris à manier les outils, à comprendre les machines, à descendre dans les profondeurs de la terre, à réparer, construire, organiser et diriger. 

Ils avaient transformé la nécessité en savoir-faire et l'exil en force.

Le soir venu, dans les cafés du quartier kabyle, on raconta encore longtemps ce qui s'était passé.

Les anciens en tirèrent une certaine fierté, mais sans triomphalisme.

Car derrière cette réussite se cachait une histoire beaucoup plus douloureuse : 

celle d'hommes,éternels voyageurs, contraints de quitter leurs montagnes parce que leur terre ne pouvait plus les nourrir.

Ils avaient emporté avec eux leur langue, leurs coutumes, leurs souvenirs et cette obstination silencieuse propre à ceux qui n'ont pas le choix.


À Béni Saf, ils avaient creusé la terre comme leurs pères avaient autrefois creusé les champs de leurs montagnes. 

Ils avaient changé la pioche du paysan contre celle du mineur, l'olivier contre le minerai, la pente de la montagne contre les galeries obscures de la mine.

Et, sans même le savoir, ils avaient construit autour de la mine un petit morceau de leur Kabylie perdue.

Un village sans nom sur les cartes, mais bien réel dans la mémoire des hommes.


L.ouali août 2026.

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dimanche 19 juillet 2026

Souvenirs d'enfance

 

                Souvenirs d'enfance

Il existe des lieux qui disparaissent sans jamais s'effacer de notre mémoire. 

Cet immeuble, où des familles venues de Guenzet avaient recréé un véritable village au cœur de la ville, demeure pour moi le symbole d'une époque où l'hospitalité, la solidarité et les liens humains faisaient partie du quotidien. Ce récit est un hommage à celles et ceux qui ont illuminé mon enfance et dont les souvenirs continuent de vivre à travers ces quelques pages.

Je me souviens, comme si c'était hier,  pour reprendre les mots de Mouloud Feraoun, du temps où j'étais un petit bambin, haut comme trois pommes, débordant d'énergie, de curiosité et d'une insouciance qui faisait de chaque journée une aventure.

À cette époque, nous vivions dans un immeuble pas tout à fait comme les autres. Ce n'était pas seulement un bâtiment de plusieurs étages ; c'était un petit morceau de notre village transplanté en ville. La plupart des habitants étaient originaires de Guenzet, si bien qu'en franchissant la porte d'entrée, on avait l'impression de rentrer au pays.

Au rez-de-chaussée habitaient les Belaïd et les Zouaoui. Au deuxième étage vivaient les Abachi et notre famille. Plus haut résidaient les Oularbi, les Kerma et les Abderrahmane. Les Abachi occupaient également un second appartement au troisième étage, tandis que les Daikhi vivaient tout en haut de l'immeuble.

Toutes ces familles avaient été réunies grâce à la générosité, au courage et à la détermination d'un homme exceptionnel : Ammi Larbi, notre boulanger.  Pour nous, il était bien davantage qu'un voisin. Il était l'âme de cette petite communauté. Sa porte restait toujours ouverte, son sourire ne quittait jamais son visage, et chacun savait qu'il trouverait auprès de lui une parole bienveillante ou un geste de solidarité.

Ammi Larbi et sa famille étaient nos voisins de palier.

Sa femme, une cousine à nous, incarnait la douceur et la bonté. Sa voix apaisait, son regard rassurait. Et puis il y avait leurs filles... Ah ! leurs filles...

Elles étaient belles comme les roses de notre jardin, élégantes, rayonnantes, mais leur véritable beauté résidait ailleurs : elles étaient cultivées, parfaitement éduquées et toujours prêtes à rendre service avec une simplicité désarmante.

Je me rappelle encore du jour où nous avons emménagé dans notre nouvel appartement. Ce jour-là, nos voisins, les Abachi, nous offrirent un accueil si chaleureux qu'il demeure gravé dans ma mémoire comme l'un des plus beaux souvenirs de mon enfance.

Pour célébrer notre arrivée, ils avaient préparé un véritable festin de bienvenue. Toute la maison était en effervescence. Dans la cuisine, les marmites fumaient doucement. Les parfums du couscous, des légumes mijotés, du pain chaud et des pâtisseries se mêlaient dans un tourbillon d'odeurs qui emplissait tout l'appartement.

Les femmes allaient et venaient avec une élégance naturelle. Chacune semblait connaître son rôle, comme les artistes d'un opéra parfaitement réglé.

Du haut de mes quelques années, je restais en retrait, fasciné par ce ballet silencieux. Je ne comprenais pas pourquoi tout le monde semblait si occupé.

Je tirai doucement la manche de ma mère.

— Pourquoi tout ce remue-ménage ?

Elle me regarda avec un sourire plein de tendresse.

— C'est ainsi que l'on accueille les nouveaux venus. Chez nous, personne n'arrive sans être reçu comme un membre de la famille.

Cette réponse, si simple, s'est gravée en moi pour toujours.

Ce jour-là, sans vraiment le comprendre, j'appris que l'hospitalité n'était pas seulement une coutume : elle était une manière de vivre, une façon de dire à l'autre : « Tu es désormais des nôtres. »

À partir de ce jour, mon affection pour cette famille ne cessa de grandir. Ammi Larbi et les siens m'avaient adopté comme si j'étais leur propre enfant.

J'étais leur petit protégé. On me choyait, on me dorlotait, on riait de mes facéties et l'on me faisait sentir que j'avais toujours ma place parmi eux.

Je passais chez eux la plus grande partie de mon temps libre. Parfois, ils m'invitaient à regarder la télévision. À cette époque, posséder un téléviseur était un privilège que notre famille ne pouvait pas encore s'offrir.

Je m'asseyais alors sagement, émerveillé devant ces images qui semblaient venir d'un autre monde.

D'autres fois, je passais des heures sur leur balcon. Je regardais la rue vivre sous mes yeux. Les passants, les marchands ambulants, les enfants qui jouaient, les discussions animées des voisins... J'aimais observer ce spectacle quotidien, d'autant plus que notre appartement ne possédait pas de balcon.

Les filles de la famille semblaient apprécier ma compagnie. Avec mon caractère espiègle, parfois un peu loufoque, mais toujours respectueux, je les faisais rire sans même m'en rendre compte.

Elles se moquaient gentiment de mes maladresses, m'encourageaient lorsque j'étais timide et veillaient constamment à ce que je me sente à l'aise parmi elles.

Il existait pourtant une scène qui les amusait énormément.

Chaque fois que l'heure du repas approchait, je trouvais aussitôt un prétexte pour disparaître. Je prétendais devoir rentrer chez moi, ou bien je m'inventais une course urgente.

Elles connaissaient parfaitement mon petit manège.

— Regardez-le ! Il va encore s'échapper !

Puis les rires éclataient.

— Il est incorrigible !

Je souriais, un peu gêné.

En réalité, je n'osais jamais rester à table. J'avais reçu une éducation où l'on apprenait très tôt à ne pas profiter de la générosité des autres. Cette discrétion était ma manière de les remercier.

Avec le temps, ce petit jeu devint un rituel affectueux entre nous. Elles savaient que je finirais toujours par trouver une excuse, et moi je savais qu'elles m'inviteraient malgré tout.

Lorsque arriva le jour de ma première rentrée des classes, ce fut l'une de leurs filles qui m'accompagna jusqu'à l'école et s'occupa de mon inscription. Je revois encore son sourire rassurant lorsqu'elle me prit par la main. Tout me semblait immense : la cour, les classes, les élèves. Mais sa présence suffisait à chasser mes inquiétudes.

Grâce à elle, je franchis le portail avec confiance. Aujourd'hui encore, lorsque je repense à cette journée, ce n'est pas l'école qui me revient d'abord en mémoire. C'est cette main tendue. Cette main fraternelle qui guidait un petit garçon vers une nouvelle étape de sa vie.

Cette famille, par sa générosité, sa présence et son affection, a illuminé les plus belles années de mon enfance. Elle m'a appris que la richesse d'un village ne se mesure ni à ses maisons ni à ses terres, mais aux femmes et aux hommes qui savent ouvrir leur porte, partager leur pain et accueillir l'autre comme un frère.

Puis les années ont passé, implacables.

Sans que nous nous en apercevions vraiment, elles ont emporté avec elles les voix, les rires et cette animation permanente qui faisaient battre le cœur de notre immeuble. Autrefois, il résonnait des appels lancés d'un balcon à l'autre, des courses effrénées des enfants dans les escaliers, des portes qui s'ouvraient sans prévenir et des voisins qui entraient les uns chez les autres comme on entre dans sa propre maison.

Aujourd'hui, il ne reste que le silence.

Un silence qui semble avoir pris possession des lieux, comme si les murs eux-mêmes gardaient la mémoire de ceux qui les ont habités. Les anciens, ces piliers de notre petite communauté, sont partis les uns après les autres.

Ammi Larbi, cet homme de cœur qui incarnait la générosité, la solidarité et le sens du partage, nous a quittés. Sa femme, Lalla Tassadit, cette présence maternelle dont le sourire illuminait le palier, a fermé les yeux à son tour, laissant derrière elle une maison où la chaleur humaine semblait s'être éteinte avec elle.

Puis d'autres visages familiers ont disparu. Hocine Oularbi n'est plus. Meziane Daikhi non plus. Saïd… Abbès…Samir Ouali…Lalla Fatoum…Lalla Aldjia…Les noms reviennent dans ma mémoire comme les pages d'un vieil album de famille que l'on feuillette avec émotion.

Chaque nom évoque un visage. Chaque visage raconte une histoire. Chaque histoire emporte avec elle une partie de notre enfance.

Je me surprends parfois à murmurer leurs noms, comme pour m'assurer qu'ils ne disparaîtront jamais tout à fait tant que quelqu'un continuera de se souvenir d'eux.

Et je me prends souvent à poser les mêmes questions. Où est Hakim ? Où est Kamel Belaïd ? Où est Silhadi Si Smaïl ?

La vie nous disperse sans bruit. Elle éloigne les uns, rassemble les autres, puis finit toujours par nous séparer.

Je repense souvent à la boulangerie de Dda Abu. C'était bien plus qu'une simple boulangerie. C'était un lieu de rencontre. Un petit carrefour de la mémoire.

À son entrée, les anciens avaient pris l'habitude de s'asseoir au soleil. Ils échangeaient les nouvelles du village, évoquaient les mariages, les naissances, les départs et les retours au bled. On y parlait autant que l'on y achetait du pain.

Aujourd'hui, ces bancs sont vides. Le silence y a remplacé les conversations. Quant à leurs enfants, cette génération qui nous a vus grandir, elle s'est envolée vers d'autres horizons. La vie les a conduits vers d'autres villes, parfois jusqu'à d'autres pays. Ils y ont construit leur famille, leur carrière, leur avenir. D'autres sont restés fidèles à leurs racines, veillant encore sur l'héritage de leurs parents.

Et puis il y a ceux que le quotidien retient loin d'ici. Ils reviennent parfois, le temps d'un enterrement, d'un mariage ou de quelques jours de vacances. Ils traversent les lieux de leur enfance avec émotion, comme on feuillette un vieux livre dont chaque page fait renaître un souvenir.

Lorsque je passe aujourd'hui devant notre immeuble, j'ai toujours l'impression que le temps s'y est arrêté. Il est toujours debout. Fier. Robuste. Mais il ne respire plus comme autrefois.

Il a vieilli, lui aussi. Les volets, jadis entrouverts du matin jusqu'au soir, restent désormais fermés. Les portes, qui ne cessaient de s'ouvrir pour accueillir un voisin, un parent ou un ami, sont devenues silencieuses. Les escaliers, autrefois envahis par les cris des enfants, résonnent maintenant d'un vide presque douloureux.

Et pourtant...Il suffit que je m'arrête quelques instants pour que le passé revienne. Comme un film projeté sur les murs. Je revois les femmes préparer le repas de bienvenue. Je revois les enfants jouer au pied de l'immeuble. J'entends les voisins discuter sur le palier.

Les odeurs de cuisine semblent remonter jusqu'à moi. Les rires éclatent de nouveau. Pendant quelques secondes, tout redevient vivant.

Puis l'image s'efface. Le silence reprend sa place. Te souviens-tu, Krimo ? Et toi, Salah ? Cherif...Salim... Ghano...Mouloud...Mohand...Zine Eddine...Vous souvenez-vous de ces journées qui nous semblaient éternelles ?

Il me semble entendre encore la voix d'Ammi Larbi appelant quelqu'un depuis son balcon.

Parfois, je ferme même les yeux pour prolonger cette illusion. Mais lorsque je les rouvre, il ne reste que le présent. Et le présent est souvent bien silencieux.

Il m'arrive alors de sentir le poids de la nostalgie peser sur mes épaules. Je me demande ce que sont devenus tous ceux qui ont grandi dans cet immeuble.

Éprouvent-ils, eux aussi, cette même émotion en revenant ici ? Leurs souvenirs surgissent-ils, comme les miens, au détour d'un escalier, d'une fenêtre ou d'une simple odeur de pain chaud ? Se rappellent-ils nos jeux d'enfants ? Nos repas partagés ?

Nos soirées d'été passées à observer la rue depuis les balcons ? Le cinéma en plein air, installé juste en face, dans la caserne ?

Et que sont devenues ces jeunes filles du quartier qui ont bercé mon enfance et accompagné mes premiers pas vers l'école ?

Ont-elles seulement conscience de la place qu'elles occupent encore dans la mémoire de ce petit garçon qu'elles protégeaient avec tant de tendresse ?

Le temps accomplit inlassablement son œuvre. Il transforme les maisons. Il blanchit les cheveux. Il efface les voix.

Mais il est une chose contre laquelle il demeure impuissant : les souvenirs que le cœur refuse d'abandonner.

Notre immeuble est devenu un témoin silencieux d'une époque révolue. Pour d'autres, ce n'est peut-être qu'un bâtiment parmi tant d'autres.

Pour moi, il restera toujours la maison où j'ai appris ce que signifient la fraternité, le respect, la solidarité et l'hospitalité. Chaque pierre, chaque fenêtre, chaque marche d'escalier garde une part de mon enfance.

Et tant que je pourrai raconter ces souvenirs, ceux qui y ont vécu continueront, eux aussi, à vivre un peu.

À chacun d'entre vous, je dis simplement merci. Car les maisons finissent toujours par vieillir. Les hommes aussi. Mais l'amour que l'on reçoit dans son enfance ne meurt jamais.

Il devient cette lumière discrète qui nous accompagne jusqu'au bout du chemin.

N.B. : J'ai évoqué les habitants de mon village ; que ceux que je n'ai pas cités veuillent bien m'en excuser. L'oubli n'est jamais celui du cœur, seulement celui de la mémoire.

Février 2025

Lyazid Ouali, la mémoire vivante.

souvenirs d'enfance -Guenzet-Ith Yaala-village kabyle-Ghermoul-mémoire



jeudi 4 juin 2026

Renaissance de la fontaine de Guenzet.

                La renaissance de la fontaine de Guenzet :

                 Quand un village redonne vie à sa mémoire
 

À Guenzet, une ancienne fontaine datant de l’époque coloniale renaît grâce à la détermination des habitants, du maire H’mimi Saadat et d’un jeune sourcier du village. Une histoire émouvante de patrimoine, d’unité et de résilience collective.

 

Au cœur de Guenzet, entre la mosquée Mosquée El Qods et l’ancienne mairie, se dresse une fontaine qui appartient autant à la pierre qu’à la mémoire des habitants.

Pendant des décennies, cette fontaine, héritée de l’époque coloniale française, avait été le témoin silencieux de la vie du village.
Les anciens s’y retrouvaient autrefois pour discuter à l’ombre, les femmes venaient y remplir leurs cruches, et les enfants jouaient autour de son eau claire qui coulait sans interruption.

Puis, avec le temps, la source finit par se tarir. La fontaine devint alors un monument figé, un vestige du passé dont il ne restait que le murmure des souvenirs.
Son bassin vide semblait raconter à lui seul l’abandon progressif d’une partie du patrimoine de Guenzet.

Mais l’histoire ne devait pas s’arrêter là.

Car dans ce village accroché aux montagnes d’Ith Yaala, certains refusent d’abandonner ce qui fait l’âme de leur terre.

La renaissance de cette fontaine est née de la volonté et de l’attachement profond d’un enfant du village à son patrimoine.
À la tête de cette initiative se trouvait H’mimi Saadat, fils d’Amar Uchergui et premier magistrat de la commune de Guenzet.

Animé par la conviction que l’histoire d’un peuple se préserve aussi à travers ses sources, ses pierres et ses lieux de rencontre, il entreprit de redonner vie à cette fontaine oubliée. La tâche semblait pourtant impossible.

La source originelle se trouvait en contrebas de la grande fontaine d’Ighzer n’Talla, le « ravin de la fontaine », un endroit envahi par le maquis, les ronces et les broussailles épaisses.
Avec le temps, la nature avait repris ses droits, dissimulant totalement l’origine de l’eau.

Des moyens importants furent mobilisés. Des engins creusèrent le terrain, des camions furent déployés, et plusieurs tentatives furent menées pour retrouver la trace de la source disparue.
Mais malgré tous les efforts techniques, rien n’y faisait.

La montagne gardait son secret.

C’est alors qu’intervint un jeune sourcier du village, héritier d’un savoir ancestral transmis de génération en génération.
Avec patience, intuition et expérience, il parcourut les lieux muni de ses méthodes traditionnelles, à l’écoute des signes invisibles que seule la terre sait révéler.

Et contre toute attente, la source fut enfin localisée.

Ce moment fut vécu comme une véritable victoire collective. L’eau fut ensuite suivie minutieusement à travers les champs, les sentiers et les ruelles jusqu’à Ighil Larbaâ.
Le travail de restauration demanda précision, endurance et coopération entre les habitants.

Jour après jour, la vieille fontaine reprit vie.

Puis un matin, l’eau recommença enfin à couler.

Une eau limpide, fraîche et cristalline jaillit de nouveau dans le bassin, sous les regards émerveillés des habitants.
Ce jour-là, ce n’était pas seulement une fontaine qui renaissait, mais une part entière de l’âme de Guenzet.

Les anciens retrouvèrent un lieu chargé de souvenirs. Les enfants découvrirent à leur tour ce patrimoine vivant que leurs parents avaient connu avant eux.

Cette renaissance symbolisa bien davantage qu’un simple projet hydraulique.

Elle prouva que la modernité peut marcher main dans la main avec les traditions. Elle rappela surtout que lorsqu’une communauté reste unie autour de son histoire et de son identité, elle peut accomplir ce qui semblait irréalisable.

Avec la mise en service du barrage de Barrage de Tichy Haf, un nouvel espoir souffle désormais sur le village.
Les visages des habitants reflètent aujourd’hui un sentiment de sérénité et de fierté retrouvée.

Guenzet avance désormais vers l’avenir sans tourner le dos à son passé.

Et dans le murmure continu de cette fontaine retrouvée, c’est toute la mémoire d’un village qui continue de couler.

Lyazid Ouali — 08 juin 2024

Lyazid Ouali, guenzet la mémoire vivante.

Lisez également :L'eau de la fraternité

Guenzet- fontaine de Guenzet Ith Yaala- H’mimi Saadat- patrimoine kabyle- barrage Tichy Haf- mémoire collective- sourcier kabyle- renaissance de la fontaine,-Lyazid Ouali.

Le maire et moi



mercredi 27 mai 2026

L'eau de la fraternité.

                  L’eau de la fraternité,
        chronique d’Aghdane Salah  et Thamasth  en 1958.


Récit historique transmis par Mokrane Boualdja sur le projet d’eau potable à Aghdane Salah en 1958, sous la mairie de Guenzet, entre solidarité villageoise, corvée traditionnelle et mémoire collective kabyle.


Mokrane raconte:

En 1958, en pleine période du plan de Constantine lancé par le général , le village vivait au rythme des espoirs fragiles et des difficultés quotidiennes. 

À cette époque, Dda  Lahcene Uabbas  occupait la fonction de maire de Guenzet. Homme respecté et attentif aux préoccupations de la population, il convoqua un jour mon père, Lamri Bouaodja, qui était alors conseiller municipal à la mairie de Guenzet.

Dans notre village d’Agjdane Salah , mon père était connu pour être le seul homme maîtrisant la langue française. 

Cela lui donnait une place particulière dans les discussions administratives et dans les relations avec les autorités de l’époque. 

Ce jour-là, Dda Lahcene le regarda avec sérieux avant de lui poser une question simple, mais lourde de sens :


Écoute, Lamri… qu’est-ce qu’il vous manque au village ?


Mon père, sans hésitation, répondit avec la franchise des hommes de la montagne :


Dda Lahcene , notre plus grand problème, c’est l’eau potable. Nos familles souffrent du manque d’eau, et nous revendiquons aussi notre droit historique à l’irrigation de nos terres.


Ces paroles résumaient à elles seules les difficultés d’une population entière. 

L’eau était une richesse vitale. 

Les femmes parcouraient de longues distances pour remplir quelques jarres, les champs s’asséchaient, et les habitants vivaient dans l’attente d’une solution qui tardait à venir.

Touché par cette réalité, Dda  Lahcene accepta de soutenir le projet. Une enveloppe financière fut accordée par la mairie afin de lancer les travaux d’adduction d’eau. 


Mais dans ces villages kabyles de l’époque, rien ne pouvait se faire sans la solidarité populaire. Alors, les habitants furent appelés à participer selon le système traditionnel de la corvée : chacun donnait de son temps, de sa force et de sa sueur pour l’intérêt collectif.

Les hommes creusaient la terre pierreuse à coups de pioche, transportaient les matériaux sur leurs épaules, ouvraient des tranchées à travers les sentiers abrupts. 

Les femmes apportaient de l’eau et de quoi nourrir les travailleurs. 

Les jeunes aussi participaient avec enthousiasme, conscients qu’ils construisaient quelque chose qui servirait aux générations futures.

À la tête du chantier se trouvait Dda  Arezki Uhafi , conducteur des travaux, homme rigoureux et courageux, qui suivait chaque étape avec précision malgré les conditions difficiles.


Mais tout le monde ne voyait pas ce projet d’un bon œil. 


Nos frères de Thamasth , mécontents de cette initiative et craignant peut-être une remise en cause d’anciens équilibres autour de l’eau, auraient entrepris certains actes de sabotage

Des canalisations étaient détériorées durant la nuit, des travaux défaits au petit matin… comme cela arrive souvent dans les vieilles histoires de villages où rivalités et fraternité se mélangent depuis toujours.

Face à ces incidents, la mairie décida alors de placer des sentinelles autour du chantier afin de surveiller les installations et punir les saboteurs pris sur le fait. 


Les nuits devenaient longues. Certains jeunes montaient la garde dans le froid et le silence des montagnes, armés seulement de leur vigilance et de leur détermination à protéger ce projet si précieux pour la population.

Selon le témoignage de notre intellectuel, le  regretté, le feu, Soltani Belkacem qui avait à peine vingt ans à l’époque, lui-même participa à la corvée et fut témoin direct de cette période. 

Il racontait souvent ces scènes avec émotion : les hommes couverts de poussière, les disputes, les éclats de rire malgré la fatigue, et cette volonté collective de faire jaillir l’eau au cœur du village.

Aujourd’hui encore, ces souvenirs restent gravés dans la mémoire des anciens comme un symbole de courage, de solidarité et d’attachement à la terre.


Et à mes chers frères de Thamasth , je tiens à dire ceci : si je raconte cette histoire, ce n’est nullement pour raviver de vieilles tensions. 

Ce ne sont que des narrations historiques transmises par nos anciens. 

Au fond du cœur, je vous aime et je considère toujours qu’Aghdane Salah et Thamasth  ne sont pas réellement deux villages, mais un seul et même village déguisé en deux visages fraternels.


Saha Aïdkoum.


le 27 mai 2026.


Lyazid Ouali, Guenzet, la mémoire vivante.


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Aghdane Salah-Thamasth-Guenzet-histoire kabyle-eau potable 1958-plan de Constantine-mémoire collective-Lamri Boualdja-Lahcene Uabbas -Arezki Hafri.







jeudi 14 mai 2026

Aourir Eulmi de Guenzet.

                  Aourir Eulmi de Guenzet : 

  Histoire, origine et mémoire d’un village kabyle chargé d’identité.

Découvrez l’origine d’Aourir Eulmi à Guenzet, son histoire ancienne, ses racines kabyles et la mémoire du village lié au personnage Eulmi venu des Hautes Plaines.

Perché sur les hauteurs de Guenzet, "Aourir Eulmi" est bien plus qu’un simple village kabyle. C’est un lieu où la géographie rencontre la mémoire, et où chaque pierre semble porter le poids d’une histoire ancienne transmise par la tradition orale.

Selon plusieurs récits locaux, le nom du village serait lié à un personnage appelé "Eulmi", originaire des Hautes Plaines, probablement de la région d’El Eulma ou des environs de Bordj Bou Arreridj. 

Ce dernier se serait installé sur cette colline stratégique des Ath Yaala, donnant naissance à une appellation devenue intemporelle :"Awrir Uɛulmi", "la colline de Eulmi".
La tradition orale d’Aourir indique que "Eulmi" viendrait de la région d’El Eulma" (ancienne Saint-Arnaud). Le nom du village serait donc :"Awrir Uɛulmi" = "la colline de l’homme d’El Eulma".
Ce type de formation est très fréquent en Kabylie : un homme arrive d’une autre région, il est identifié par son origine, il s’installe, son nom devient celui du lieu. Exemples similaires :  Ath Yaala, et la progéniture de Yaala, Tizi Medjber, Taourirt Yacoub…
Comme beaucoup de toponymes kabyles, le nom du village associe :un élément naturel : "Awrir (colline)", un nom humain : "Eulmi / Uɛulmi". 

Cette structure linguistique reflète une organisation ancienne du territoire où la mémoire des hommes se confond avec celle du paysage. Aujourd’hui encore, le nom "Eulmi" subsiste dans le village, rappelant une origine possible, une migration ancienne ou une lignée fondatrice ayant marqué durablement l’identité locale.

une autre hypothèse historique sur le nom “Eulmi”, Des sources évoquent également des formes anciennes comme :"El-Eulmi", qui correspondrait à une nisba (nom d’origine géographique), signifiant :"originaire d’El Eulma, "Eulmi" serait une contraction locale issue de cette origine.

Le village d'Aourir Eulmi est composé de sept (07) hameaux :

-Anzaten : partie ancienne du village, zone centrale ou en pente
-Taxarubt : quartier périphérique ou en contrebas
-Taddart Wadda : le village d’en bas
-Taddart Ufella: le village d’en haut
-Inurar : zone ouverte ou terres agricoles
-Lxelwa : endroit isolé ou retiré
-Agulmim : proximité d’un point d’eau ou terrain humide.

le village d'Aourir Eulmi est situé dans la commune de Guenzet, au sein du pays des Ath Yaala / Béni-Yaâla. Des travaux universitaires et des recherches locales rappellent que cette région montagneuse appartient au massif du Guergour. 

Familles et lignages du village

Voici les noms les plus cités dans les sources et la mémoire locale :
-Eulmi / Oulmi / Aoulmi: directement lié au village d’Aourir Eulmi ; probablement ancien nom lignager local.
-Chabouni:Ancienne famille mentionnée dans les témoignages liés à la guerre de Libération à Aourir.
-Ith Zaid: Zaidi / Zidane / Aarfouni: présent dans les associations et la vie locale du village.
-Ith Chikh : Djabali, Madri.
-Ith Laalmi: Laalmi.
-Ith Abdellah: Hamdani, famille ancienne des ith Yaala, le village est cité comme terre natale de Ismail Hamdani ( ancien chef du gouvernement).
-Hanifi:nom cité dans recits historiques du bombardement du village durant La guerre d'Algérie.-Guettaf, Saadi, Messif, Nacef, Ikassiwen; Kassa. 
-Zwanda: actuels, Zidane et Aarfouni.
-Zyathna: Zitouni et Boutaleb.
-Ihvachen: Boutouta,Aibeche.
-Ith Karri: Chamlal, Abdelkafi,Allouche,Berkat.
-Ith Chabane: Chabouni et Djelloul.
-Oumeziane: Oulmi
-Bentayeb: Messili.
-Ioulmien: Hachid (existe à Tizi Medjber).
-Ith Bourahla: Bourahla ( existe à Ith Hafed).
-Ibaroudhen:Baroud.
-ith ouali:Mazro et Bali.
-Ikhloufen: Aklouf.
-Boutaouil: Aïd, origine de ouled Aïd. Drikeche, origine de BBA, Falih (Chrea),Djoudi(Sidi el Djoudi).
-Ouivan: Mansour et Faiz.
-Oumar: Lounes.
📌 Source : Hamdani Djamel – Djabali Amar.

Aourir Eulmi reste un village où l’histoire, la toponymie et la mémoire orale se rejoignent. Entre migration, installation ancienne et organisation des Ath Yaala, le village conserve encore aujourd’hui les traces vivantes d’un passé profondément enraciné dans la montagne kabyle.

Mai 2026, repris du livre "Azar nith Yaala" (Racines) de Lyazid Ouali.

Lyazid Ouali, Guenzet, Mémoire vivante.

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Les gens qui font mon village

Hadda, la porteuse d'eau

                             HADDA                  (Hadda Ubenathmane)                                         LA PORTEUSE D’EAU Hadda Uben...