lundi 14 septembre 2026

Hadda, la porteuse d'eau

 

                           HADDA 

               (Hadda Ubenathmane)

                                        LA PORTEUSE D’EAU

Hadda Ubenathmane, la porteuse d’eau aveugle de Tanaqucht, une femme courageuse et digne dont la vie incarne la mémoire, la solidarité et l’âme de Guenzet Nith Yaala.

Il y avait autrefois, à Tanaqucht, des femmes dont le courage ne faisait pas de bruit, des femmes que l’on voyait passer dans les ruelles sans vraiment mesurer la grandeur de ce qu’elles accomplissaient chaque jour. Elles appartenaient à cette génération de femmes qui avaient appris très tôt à supporter les difficultés, à travailler sans se plaindre et à donner sans jamais rien demander en retour.

Hadda Ubenathmane était de celles-là.

Hadda était une femme courageuse, robuste et profondément attachante. Elle avait pourtant connu, dès sa naissance, une épreuve qui aurait pu rendre sa vie particulièrement difficile : elle était aveugle de naissance. Elle n’avait jamais vu la lumière du jour, ni les montagnes qui entourent Tanaqucht, ni les maisons de pierre, ni les visages de ceux qui l’entouraient. Elle ne connaissait pas les couleurs, le bleu du ciel, le vert des champs au printemps, la blancheur de la neige en hiver ou le rouge du coucher du soleil derrière les montagnes.

Mais si ses yeux ne lui permettaient pas de voir le monde, ses autres sens, eux, semblaient avoir appris à le lire autrement.

Hadda connaissait son village avec une précision qui étonnait ceux qui la regardaient se déplacer. Elle en connaissait les moindres recoins, les passages étroits, les marches irrégulières, les murs, les portes, les petits détours et les chemins qui conduisaient d'une maison à une autre. Elle pouvait parcourir les ruelles tortueuses et accidentées de Tanaqucht avec une assurance surprenante, aussi bien le jour que lorsque la nuit avait déjà enveloppé le village dans son silence.

Pour elle, l'obscurité n'était pas une nouveauté.

Elle vivait dans un monde où la lumière n'avait jamais existé.

Elle avait donc appris à reconnaître son environnement autrement. Elle mémorisait les sons, les odeurs, les aspérités des murs, la disposition des maisons, la pente d'une ruelle, la présence d'une marche ou d'une pierre. Elle avait même imaginé ses propres repères. À certains endroits, elle déposait de petits indices, des marques ou des objets qu'elle pouvait reconnaître au toucher. Elle savait où ils se trouvaient et leur donnait, pour ainsi dire, un nom dans sa mémoire.

Chaque coin du village avait son identité.

Une porte, un mur, une pierre, une marche, un arbre, un bruit familier pouvaient devenir pour elle un véritable point de repère.

Là où nous autres avons besoin de nos yeux pour nous orienter, Hadda s'en remettait à sa mémoire, à ses mains, à ses pieds et surtout à cette extraordinaire connaissance qu'elle avait de son environnement.

Elle avait été recueillie très jeune par la famille Bahmed. Elle grandit parmi eux et y resta jusqu'à la fin de sa vie. Elle fit partie des Azala, partageant leur quotidien, leurs joies, leurs peines et les longues journées d'autrefois, lorsque la vie dans le village reposait encore largement sur l'entraide et la solidarité.

Hadda n'était pas seulement accueillie dans cette famille. Elle y avait trouvé sa place. Et cette place, elle voulut la mériter par le travail et le service.

Elle ne voulait pas être considérée comme une personne incapable de faire sa part. Son handicap ne devait pas être, à ses yeux, une raison pour rester les bras croisés. Alors, pour se rendre utile, elle devint porteuse d'eau.

À cette époque, l'eau n'arrivait pas dans les maisons comme aujourd'hui, en ouvrant simplement un robinet.

Il fallait aller la chercher.

La source se trouvait à quelques centaines de mètres de la maison. Pour une personne qui ne voyait pas, ce trajet aurait pu paraître insurmontable. Pour Hadda, il devint une habitude, presque un rituel quotidien.

Elle connaissait le chemin. Elle savait où poser les pieds.

Elle connaissait les passages dangereux et les endroits où il fallait ralentir. Elle avançait en s'aidant de sa mémoire, parfois de sa canne, parfois du contact des murs et parfois simplement de cette incroyable faculté d'anticipation qu'elle avait développée au fil des années.

Qu'il pleuve ou qu'il neige, Hadda allait chercher l'eau.

Tôt le matin, alors que le village commençait à peine à s'éveiller, elle pouvait déjà être sur le chemin de la source. À d'autres moments, elle y allait tard dans la journée, lorsque les femmes avaient terminé leurs tâches et que les maisons commençaient à retrouver leur calme.

Le froid de l'hiver ne l'arrêtait pas. La pluie ne l'arrêtait pas.La neige ne l'arrêtait pas.

Il lui arrivait même de marcher pieds nus dans les ruelles du village. Ses pieds connaissaient le sol comme ses mains connaissaient les murs.

Ils reconnaissaient la pierre froide, la terre humide, les petits cailloux, les marches et les irrégularités du chemin. Chaque sensation devenait une information. Là où une autre personne aurait vu un obstacle, Hadda le ressentait sous ses pieds.

Et puis il y avait les sons.

Le bruit de ses pas. Le ruissellement de l'eau. Le vent qui descendait de la montagne. Les voix des femmes. Les enfants qui jouaient dans les ruelles. Les portes qui s'ouvraient et se refermaient. Les animaux dans les étables.

Tous ces bruits composaient pour elle une véritable carte sonore de Tanaqucht.

Elle pouvait reconnaître une personne à sa voix, parfois même à sa manière de marcher. Elle savait qu'elle approchait de telle maison au son d'une porte ou au murmure d'une conversation. Le village qu'elle ne pouvait pas voir, elle le connaissait autrement.

Elle le ressentait. Elle le respirait. Elle l'écoutait.

Tanaqucht était devenu son monde, un monde qu'elle portait en elle avec une précision que beaucoup de voyants n'auraient jamais imaginée.

Il y avait aussi chez Hadda une naïveté touchante qui faisait sourire les gens du village et qui, aujourd'hui, nous revient avec une profonde tendresse.

On racontait qu'un jour, croyant avoir attrapé un merle, elle avait mis la main sur une souris. Elle l'avait saisie avec la conviction d'avoir capturé un oiseau. Ceux qui étaient présents eurent probablement du mal à retenir leur rire.

Mais derrière cette scène amusante, il y avait quelque chose de profondément humain. Hadda ne voyait pas la différence entre le merle qu'elle imaginait et la petite créature qu'elle tenait dans sa main.

Elle se fiait au toucher, à son imagination et à ce qu'on lui avait peut-être laissé croire.

D'autres souvenirs étaient encore plus attendrissants.

Lorsqu'on lui faisait goûter une confiserie ou une pâtisserie, elle la trouvait délicieuse, douce et merveilleusement sucrée. Mais lorsqu'on lui demandait ce que cela pouvait être, elle l'associait parfois à quelque chose qu'elle n'avait jamais pu voir : la neige.

La neige...

Pour Hadda, ce mot devait être une image racontée par les autres.

Elle ne pouvait pas savoir ce qu'était réellement la blancheur d'un paysage enneigé. Elle pouvait seulement imaginer la neige à travers les paroles de ceux qui la décrivaient.

Peut-être qu'elle imaginait sa douceur. Peut-être qu'elle en imaginait la fraîcheur. Peut-être que, dans son monde intérieur, la neige avait le goût des douceurs que les autres lui faisaient découvrir.

Ces petits épisodes sont restés dans la mémoire des anciens parce qu'ils racontent Hadda avec plus de vérité que de longs discours.

Elle avait son caractère, ses habitudes, ses petites maladresses et cette innocence qui faisait sourire. Mais surtout, elle avait une immense dignité.

Jamais, au grand jamais, on ne l'entendit se plaindre de son sort. Elle aurait pourtant eu mille raisons de le faire.

Elle n'avait jamais connu la lumière. Elle ne pouvait pas voir le visage de ceux qu'elle aimait.

Elle ne pouvait pas admirer les montagnes de Guenzet au lever du jour, ni regarder les champs changer de couleur avec les saisons, ni contempler la neige recouvrant les toits de Tanaqucht.

Elle vivait dans un monde que les autres pouvaient regarder, mais qu'elle devait apprendre à connaître autrement.

Et pourtant, elle avançait. Toujours. Avec patience et courage.

Lorsqu'une difficulté survenait, elle répétait souvent cette phrase simple qui résumait toute sa philosophie :

« C'est la volonté de Dieu, ainsi soit-il. »

Quelques mots seulement. Mais derrière ces mots se cachait toute une vie de patience, de foi et d'acceptation.

Hadda ne cherchait pas la pitié. Elle cherchait seulement à vivre. À travailler. À être utile.

À appartenir pleinement à cette communauté qui était devenue sa famille.

Elle ne voulait pas que son handicap définisse son existence. Elle voulait être Hadda, tout simplement : une femme de Tanaqucht, une femme des Bahmed, une femme des Azala, une femme parmi les autres.

Et c'est peut-être là que réside toute la grandeur de son histoire.

Dans un village où les femmes portaient déjà de lourdes responsabilités, où l'eau se cherchait à la source, où le bois devait être ramassé, où les chemins étaient difficiles et où la vie ne faisait pas toujours de cadeaux, Hadda accomplissait sa tâche sans réclamer de privilège.

Elle avançait avec ses difficultés comme d'autres avançaient avec les leurs. Seulement, son chemin était différent.

Aujourd'hui, lorsque nous repensons à ces femmes et à ces hommes de notre village, beaucoup de choses ont changé. Les sources sont parfois oubliées, les anciennes ruelles ont été transformées, les maisons se sont vidées, les jeunes sont partis et les habitudes d'autrefois disparaissent peu à peu.

Le bruit des seaux qui revenaient de la source appartient désormais à un autre temps.

Les pas de Hadda ne résonnent plus dans les ruelles de Tanaqucht.

La porteuse d'eau n'est plus là. Mais son souvenir demeure.

Il demeure dans la mémoire de ceux qui l'ont connue, dans les récits transmis par les anciens et dans ces histoires simples qui risquent de disparaître si personne ne prend le temps de les raconter.

Hadda n'était peut-être pas une femme célèbre. Elle n'a pas laissé de monument. Elle n'a pas eu son nom dans les journaux. Elle n'a pas connu les honneurs. Mais elle a laissé quelque chose de beaucoup plus précieux : un souvenir humain.

Celui d'une femme aveugle de naissance qui connaissait son village mieux que beaucoup de voyants.

Celui d'une femme qui marchait seule vers la source, parfois sous la pluie, parfois dans la neige, parfois pieds nus, portant sur elle le poids de l'eau et, avec elle, celui d'une existence difficile.

Celui d'une femme qui avait appris à voir avec ses mains, à écouter avec son cœur et à se diriger grâce à la mémoire.

Et lorsque je pense aujourd'hui à Hadda, je l'imagine encore dans les anciennes ruelles de Tanaqucht, son pas prudent mais décidé, allant vers la source avec cette force tranquille qui était la sienne.

Je l'imagine avançant dans le silence du matin, guidée par les sons familiers du village.

Peut-être entendait-elle le vent dans les arbres. Peut-être reconnaissait-elle les voix des femmes. Peut-être sentait-elle l'odeur de la terre mouillée après la pluie.

Et peut-être, lorsqu'elle rentrait à la maison avec son eau, savait-elle simplement qu'elle était arrivée à destination grâce au mur qu'elle reconnaissait sous sa main, à la pierre qu'elle connaissait sous son pied ou à la porte qu'elle avait mille fois touchée.

Elle ne voyait pas Tanaqucht. Mais Tanaqucht, elle, était profondément inscrit en elle.

Hadda fut une femme admirable et digne. Malgré son handicap, elle ne fut jamais une charge pour ceux qui l'avaient recueillie. Elle avait trouvé sa manière d'être utile, sa manière d'exister parmi les autres et surtout sa manière de rester debout.

Aujourd'hui encore, son histoire nous rappelle que certaines vies, les plus modestes en apparence, méritent d'être racontées.

Parce qu'elles ont porté, sans bruit, une part de l'âme du village.

Et Hadda, la porteuse d'eau, a porté bien plus que des seaux. Elle a porté sa dignité, son courage et, avec eux, un petit morceau de la mémoire de Tanaqucht.

Lyazid Ouali, la mémoire vivante de Guenzet.

NB: retrouvez cet article sur Bookelis.com: "les gens qui font mon village"

Lisez aussi: Arfiche Meriama

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mardi 8 septembre 2026

Arfiche Meriama

Arfiche Meriama

De Tanaqucht aux tatamis,

le parcours d’une pionnière de l’Aïkido féminin



"Arfiche Meriama, originaire de Tanaqucht à Guenzet, est une pionnière de l’Aïkido féminin en Algérie. Découvrez son parcours, son 6e Dan, son engagement et son œuvre de transmission."


Il est des parcours qui dépassent largement le cadre d’une carrière sportive. Celui d’Arfiche Meriama, originaire de Tanaqucht, à Guenzet, appartient à cette catégorie.

Fille de Bachir Arfiche et de Rabia Zoukikha, Meriama est la sixième d’une fratrie de dix enfants. Issue d’une famille nombreuse et profondément attachée à ses racines, elle a construit, au fil des décennies, un parcours exceptionnel dans un domaine où les femmes étaient encore très peu nombreuses lorsqu’elle fit ses premiers pas : l’Aïkido.

Son histoire est celle d’une femme qui a choisi très tôt la voie de la discipline, de la persévérance et de la transmission.

Nous sommes en 1982 lorsque la jeune Meriama découvre l’Aïkido sous la direction du maître Rabah Achour (Sensei).

À cette époque, les arts martiaux demeurent encore relativement peu développés en Algérie et leur pratique par les femmes est loin d’être courante. Pour une jeune femme, choisir de s’engager dans une telle discipline demandait donc une véritable volonté et une grande détermination.

Meriama ne s’est pourtant pas contentée de découvrir l’Aïkido : elle s’y est investie avec une constance qui allait progressivement transformer cette première expérience en une véritable vocation.

Année après année, entraînement après entraînement, elle a construit son parcours avec patience. Elle a appris que la progression dans l’Aïkido ne se mesure pas uniquement au nombre de techniques maîtrisées ou aux grades obtenus, mais aussi à la capacité de travailler sur soi-même.

Cette longue fidélité à la discipline l’a conduite à atteindre aujourd’hui le grade de ceinture noire 6e Dan, faisant d’elle l’une des pratiquantes les plus haut gradées au niveau national.

Et, fidèle à l’esprit de l’Aïkido, elle ne considère pas ce grade comme une fin. Elle poursuit encore son cheminement et prépare actuellement un grade international de 4e Dan auprès de l’Aikikai.

Mariama a eu l'honneur de recevoir un Diplôme de Mérite en tant que plus ancienne pratiquante d'Aïkido et femme la plus haut gradée en Algérie.

C'est une distinction méritée qui concrétise toutes ses années d'engagement.


Cette volonté de continuer à apprendre, même après plusieurs décennies de pratique, résume parfaitement sa conception de l’Aïkido : on ne cesse jamais de progresser, parce que le véritable adversaire que l’on doit apprendre à maîtriser est soi-même.

Mais le parcours de Meriama prend une dimension encore plus importante lorsqu’elle décide de mettre son expérience au service des autres.

Elle devient la première présidente de la Commission Féminine d’Aïkido, responsabilité qu’elle exerce avec engagement et dévouement.

Son ambition est alors de permettre à davantage de femmes et de jeunes filles de découvrir cette discipline et de leur montrer que les arts martiaux ne sont pas réservés aux hommes.

Elle fonde et dirige également une section dédiée aux femmes, dans laquelle elle s’investit personnellement pour encourager, former et motiver les nouvelles pratiquantes.

Son engagement dépasse même l’enseignement. 

Consciente que l’accès au matériel peut constituer un obstacle pour certaines débutantes, elle contribue à leur fournir des équipements, des hakama, des ceintures ainsi que des armes d’entraînement.

Ce geste peut paraître simple, mais il traduit une philosophie profonde : ouvrir une porte, donner les moyens d'entrer et surtout donner envie de rester.

Après des décennies consacrées à l’Aïkido, Meriama est devenue à son tour une femme de transmission.

Son enseignement s’appuie sur une exigence technique particulière. 

Elle accorde une grande importance au travail des immobilisations, notamment le Katame-waza, aux déplacements Sokuhō idō, ainsi qu’au principe fondamental du Kuzushi, le déséquilibre qui permet d’exécuter les techniques avec efficacité et contrôle.

Mais derrière la précision des gestes, il existe une autre dimension de son enseignement : celle des valeurs traditionnelles du dojo.

Le respect du partenaire, la discipline, l’humilité, la patience, la maîtrise de soi et la recherche permanente de la perfection font partie intégrante de son approche.

Car pour Meriama, apprendre une technique sans apprendre à se maîtriser soi-même serait passer à côté de l’essentiel.

Cette conception de la transmission trouve également un prolongement dans son parcours professionnel. Diplômée d’État en éducation du premier degré, elle possède une formation qui vient naturellement renforcer son rôle d’enseignante et d’accompagnatrice.

L’éducatrice et la pratiquante d’Aïkido se rejoignent ainsi dans une même philosophie : apprendre, transmettre et faire grandir les autres.

Auprès des jeunes filles qu’elle accompagne, Meriama ne cherche pas seulement à former des pratiquantes techniquement compétentes. Elle veut également leur donner confiance en elles, leur apprendre à persévérer et à affronter les difficultés avec calme.

Pour Meriama, l’Aïkido n’a jamais été un simple sport de combat.

C’est un art de vivre, une discipline qui permet de travailler simultanément le corps et l’esprit.

La pratique apprend à contrôler ses gestes, mais aussi ses émotions. Elle enseigne la patience lorsque la technique ne vient pas immédiatement, la concentration lorsque l’esprit se disperse et la sérénité lorsque survient une situation difficile.

L’Aïkido permet ainsi de mieux comprendre une vérité essentielle : la force véritable ne réside pas toujours dans la confrontation, mais dans la capacité à conserver son équilibre et sa maîtrise de soi.

C’est cette philosophie que Meriama souhaite transmettre aux générations futures.

De Tanaqucht à une reconnaissance nationale

L’histoire d’Arfiche Meriama est aussi, quelque part, celle de Tanaqucht et de Guenzet.

Partie d’un village de la montagne, elle a construit durant plusieurs décennies un parcours qui l’a conduite à occuper une place importante dans l’Aïkido féminin algérien.

Elle appartient à cette génération de femmes qui ont dû ouvrir elles-mêmes le chemin pour celles qui allaient venir après elles.

Son mérite est donc double : avoir atteint un très haut niveau dans sa discipline et avoir contribué à rendre cette discipline plus accessible aux femmes.

Un héritage pour les générations futures

Aujourd’hui encore, son parcours se poursuit. Mais après tant d’années consacrées à l’Aïkido, son plus bel héritage ne se mesure probablement pas uniquement à son 6e Dan, à ses responsabilités ou aux distinctions qu’elle a pu obtenir.

Il se mesure surtout à travers toutes celles qu’elle a encouragées, formées et accompagnées.

Chaque jeune fille qui franchit la porte d’un dojo, chaque pratiquante qui noue sa première ceinture, chaque élève qui apprend à tomber puis à se relever, porte quelque chose de cette transmission.

Arfiche Meriama est de ces femmes qui ne se contentent pas de suivre un chemin : elles contribuent à en tracer un pour les autres.

Son histoire mérite d’être racontée parce qu’elle est à la fois celle d’une sportive, d’une éducatrice, d’une enseignante et d’une pionnière du sport féminin.

Et derrière la ceinture noire, derrière les grades et les années d’entraînement, demeure une femme originaire de Tanaqucht, une enfant d’Ith Yaala qui a porté ses racines avec elle tout au long d’un parcours placé sous le signe de la discipline, de la patience, de l’harmonie et de la transmission.


L.Ouali septembre 2026. la mémoire vivante de Guenzet.

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Les gens qui font mon village

Hadda, la porteuse d'eau

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