jeudi 11 juin 2026

Makhlouf Mohand Ameziane-


Le dernier tour de garde du Professeur Mohand Ameziane.


Après quarante-cinq années consacrées à la médecine et à la réanimation gynéco obstétrique à l'hôpital Mustapha d'Alger, le Professeur Makhlouf Mohand Ameziane prend sa retraite. Retour émouvant sur le parcours exceptionnel d'un homme qui a marqué des générations de soignants et de patients.



Le premier avril 2026, une page importante de la médecine algérienne s'est tournée discrètement, mais avec une profonde émotion. 

Après quarante-cinq années de loyaux et inlassables services, le professeur émérite Makhlouf Mohand Ameziane, chef du service de réanimation gynéco obstétrique à l'hôpital Mustapha d'Alger, a officiellement pris sa retraite.

Cette fois-ci, ce n'était pas un poisson d'avril. La date, qui prête habituellement à la plaisanterie, marquait au contraire une réalité bien tangible : celle du départ d'un homme qui a consacré l'essentiel de sa vie au soulagement de la souffrance humaine, à la transmission du savoir et à la sauvegarde de milliers de vies.

Durant près d'un demi-siècle, le professeur Mohand Ameziane a traversé les couloirs de l'hôpital Mustapha avec la même rigueur, la même humilité et le même sens du devoir.

Des générations de médecins, de sages-femmes, d'infirmiers et d'étudiants ont appris à ses côtés. Beaucoup gardent le souvenir d'un maître exigeant mais juste, d'un homme d'une grande humanité dont la porte demeurait toujours ouverte à ceux qui cherchaient un conseil, un enseignement ou simplement une parole rassurante.

Pour saluer son immense parcours, l'ensemble du personnel du service de gynécologie lui a rendu un hommage chaleureux, empreint d'empathie et d'affection.

Ce fut un moment de sincère reconnaissance, où les souvenirs se mêlaient aux sourires et aux larmes discrètes. Chacun avait conscience d'assister à la fin d'une époque, celle d'une présence rassurante devenue, au fil des années, un repère incontournable du service.


Au-delà du médecin respecté, c'est aussi l'homme que beaucoup ont voulu honorer : l'époux de Ouardia Ouali, le fils du regretté Lahcéne Makhlouf et de Aïcha Ramdani, le frère du défunt Abdellah, ainsi que de Zineb, Farida et Naïma. Le père de Tahar,Nabil et Yasmine.

Un homme profondément attaché aux siens, dont les valeurs de droiture, de discrétion et de générosité ont accompagné toute la carrière.


Le temps de la retraite est désormais venu. Le rythme effréné des gardes et des urgences laisse place à des matins plus paisibles, aux retrouvailles familiales, aux souvenirs accumulés au fil des décennies et à ce repos si mérité.

À vous, Professeur Mohand Ameziane, nous adressons notre profonde gratitude et notre immense respect. Merci pour votre dévouement exemplaire, pour votre science mise au service des autres et pour l'empreinte indélébile que vous laissez dans le cœur de tous ceux qui ont eu le privilège de croiser votre chemin.

Nous vous souhaitons une longue vie, entouré de l'affection des vôtres, une retraite sereine et heureuse, riche des joies simples que des années de sacrifice vous ont parfois empêchées de savourer pleinement.


Bon vent, Professeur. Les portes de l'hôpital se referment derrière vous, mais votre nom, lui, continuera longtemps à résonner dans la mémoire de celles et ceux qui vous sont proches et ceux que vous avez soignés, guidés et inspirés.


Lyazid Ouali, mémoire vivante de Guenzet.


Lisez également:


Makhlouf Mohand Ameziane-

hommage médecin algérien-médecine algérienne, chef de service Mustapha- parcours d'un médecin-santé en Algérie-ouali lyazid- Mémoire de Guenzet.

















jeudi 4 juin 2026

Renaissance de la fontaine de Guenzet.

                La renaissance de la fontaine de Guenzet :

                 Quand un village redonne vie à sa mémoire
 

À Guenzet, une ancienne fontaine datant de l’époque coloniale renaît grâce à la détermination des habitants, du maire H’mimi Saadat et d’un jeune sourcier du village. Une histoire émouvante de patrimoine, d’unité et de résilience collective.

 

Au cœur de Guenzet, entre la mosquée Mosquée El Qods et l’ancienne mairie, se dresse une fontaine qui appartient autant à la pierre qu’à la mémoire des habitants.

Pendant des décennies, cette fontaine, héritée de l’époque coloniale française, avait été le témoin silencieux de la vie du village.
Les anciens s’y retrouvaient autrefois pour discuter à l’ombre, les femmes venaient y remplir leurs cruches, et les enfants jouaient autour de son eau claire qui coulait sans interruption.

Puis, avec le temps, la source finit par se tarir. La fontaine devint alors un monument figé, un vestige du passé dont il ne restait que le murmure des souvenirs.
Son bassin vide semblait raconter à lui seul l’abandon progressif d’une partie du patrimoine de Guenzet.

Mais l’histoire ne devait pas s’arrêter là.

Car dans ce village accroché aux montagnes d’Ith Yaala, certains refusent d’abandonner ce qui fait l’âme de leur terre.

La renaissance de cette fontaine est née de la volonté et de l’attachement profond d’un enfant du village à son patrimoine.
À la tête de cette initiative se trouvait H’mimi Saadat, fils d’Amar Uchergui et premier magistrat de la commune de Guenzet.

Animé par la conviction que l’histoire d’un peuple se préserve aussi à travers ses sources, ses pierres et ses lieux de rencontre, il entreprit de redonner vie à cette fontaine oubliée. La tâche semblait pourtant impossible.

La source originelle se trouvait en contrebas de la grande fontaine d’Ighzer n’Talla, le « ravin de la fontaine », un endroit envahi par le maquis, les ronces et les broussailles épaisses.
Avec le temps, la nature avait repris ses droits, dissimulant totalement l’origine de l’eau.

Des moyens importants furent mobilisés. Des engins creusèrent le terrain, des camions furent déployés, et plusieurs tentatives furent menées pour retrouver la trace de la source disparue.
Mais malgré tous les efforts techniques, rien n’y faisait.

La montagne gardait son secret.

C’est alors qu’intervint un jeune sourcier du village, héritier d’un savoir ancestral transmis de génération en génération.
Avec patience, intuition et expérience, il parcourut les lieux muni de ses méthodes traditionnelles, à l’écoute des signes invisibles que seule la terre sait révéler.

Et contre toute attente, la source fut enfin localisée.

Ce moment fut vécu comme une véritable victoire collective. L’eau fut ensuite suivie minutieusement à travers les champs, les sentiers et les ruelles jusqu’à Ighil Larbaâ.
Le travail de restauration demanda précision, endurance et coopération entre les habitants.

Jour après jour, la vieille fontaine reprit vie.

Puis un matin, l’eau recommença enfin à couler.

Une eau limpide, fraîche et cristalline jaillit de nouveau dans le bassin, sous les regards émerveillés des habitants.
Ce jour-là, ce n’était pas seulement une fontaine qui renaissait, mais une part entière de l’âme de Guenzet.

Les anciens retrouvèrent un lieu chargé de souvenirs. Les enfants découvrirent à leur tour ce patrimoine vivant que leurs parents avaient connu avant eux.

Cette renaissance symbolisa bien davantage qu’un simple projet hydraulique.

Elle prouva que la modernité peut marcher main dans la main avec les traditions. Elle rappela surtout que lorsqu’une communauté reste unie autour de son histoire et de son identité, elle peut accomplir ce qui semblait irréalisable.

Avec la mise en service du barrage de Barrage de Tichy Haf, un nouvel espoir souffle désormais sur le village.
Les visages des habitants reflètent aujourd’hui un sentiment de sérénité et de fierté retrouvée.

Guenzet avance désormais vers l’avenir sans tourner le dos à son passé.

Et dans le murmure continu de cette fontaine retrouvée, c’est toute la mémoire d’un village qui continue de couler.

Lyazid Ouali — 08 juin 2024

Lyazid Ouali, guenzet la mémoire vivante.

Lisez également :L'eau de la fraternité

Guenzet- fontaine de Guenzet Ith Yaala- H’mimi Saadat- patrimoine kabyle- barrage Tichy Haf- mémoire collective- sourcier kabyle- renaissance de la fontaine,-Lyazid Ouali.

Le maire et moi



Les gens qui font mon village

Hadda, la porteuse d'eau

                             HADDA                  (Hadda Ubenathmane)                                         LA PORTEUSE D’EAU Hadda Uben...