mercredi 12 août 2026

Mon ami Zendra.

Mon ami Zendra.

"Un récit nostalgique consacré à Tanaqucht, à l’amitié, à la solidarité villageoise et aux traditions kabyles d’autrefois, entre souvenirs d’enfance et mémoire collective."


Je vous prends par la main et vous invite à un voyage dans le temps, un retour vers une époque où simplicité, chaleur humaine et solidarité régnaient en maîtres.

Plonger dans ce passé révolu est une expérience à la fois émouvante et enrichissante, car il révèle une richesse culturelle inestimable, aujourd’hui presque oubliée.
À cette époque, on ne mangeait pas toujours à satiété, et nos vêtements, souvent modestes, n’étaient pas des plus convenables.
Pourtant, le bonheur habitait chaque recoin de notre quotidien. La joie n’était pas liée à l’abondance matérielle, mais à la force des liens humains et au partage sincère.
Ces souvenirs, gravés dans le cœur de ceux qui les ont vécus, sont comme des éclats de lumière. Ils éclairent les temps modernes, où l’agitation et la distance nous éloignent trop souvent de ces valeurs authentiques.

Revenir, ne serait-ce qu’un instant, à ces jours où la vie semblait plus douce, plus proche de la nature et des relations humaines, est un rêve partagé par beaucoup.
C’était une jeunesse où tout paraissait possible, où les rires des enfants remplissaient la claire voie de la Djemaa, et où les anciens, assis autour de l'atre , racontaient des histoires fascinantes qui animaient nos soirées.
Ces moments restent gravés dans nos âmes comme un trésor intemporel, un héritage précieux qui traverse les générations.

Notre quartier légendaire de Tanaqucht était le symbole même de cette vie authentique.
Il vivait comme une ruche d’abeilles, grouillant d’animation et de camaraderie.
Autour de la mosquée Laaraf, avec son minaret imposant et sa claire voie qui servait de lieu de rassemblement, s’organisait toute la vie du village.
C’était le cœur battant de Tanaqucht, un lieu sacré où les traditions se transmettaient et où les villageois se retrouvaient pour prier, discuter ou simplement partager un moment ensemble.
Les ruelles sinueuses du quartier, bordées de petites maisons basses aux tuiles rouges et aux portes d’ébène, formaient un décor pittoresque.
Chaque maison, accolée à sa voisine, contribuait à l’harmonie de cet ensemble unique.
Ces habitations, regroupées en îlots appelés amtiq, portaient le nom des familles qui les occupaient. Nith Bahmed, Makhlouf, Hafri,l'hocine, Berkouk, Zendra, Amirat, Belaid,Bouchmoukh, Iharchawen, bouyemit et tant d’autres : ces noms résonnaient comme des témoins vivants d’une histoire locale profondément enracinée.
Chaque amtiq formait une petite communauté, un microcosme où la solidarité et le respect étaient des règles d’or.
Je me souviens particulièrement d’un jour où tout le village était en émoi.
Mon ami d’enfance, Zendra, avait perdu tous les siens dans un drame qui marqua les mémoires.

Ce fut un moment de tristesse partagée, où chaque habitant se mobilisa pour entourer mon ami de réconfort et d’amour.
Ce souvenir, bien qu’empli de douleur, reflète la profondeur des liens qui unissaient les habitants de Tanaqucht.
Ce récit, ces histoires ,ne sont pas qu’une simple description. C’est un hommage vibrant à un mode de vie traditionnel, un patrimoine unique qui continue de vivre dans la mémoire collective de ceux qui ont connu ces temps bénis.
À travers elles, je rends hommage à Tanaqucht, ce village légendaire, et à mon ami Zendra, qui, malgré les épreuves, a su trouver la force d’avancer.

Abdelouahab, est le fils de Dda Kassa Bellali (1900-1968), surnommé l’Européen dans le village pour sa liberté d’esprit, incarne à lui seul cette époque. Sa singularité, comme lorsqu’il traversait la Djemaa en culotte pour aller aux champs, faisait sourire tout le monde.
Zendra,est le fils de Delloula Saadoune,le frère de Mohand Akli, tragiquement disparu dans un accident de travail, et d’Idriss.

Même si le temps a transformé ce village et vidé une partie de sa substance, Tanaqucht conserve malgré tout son âme et ses valeurs intemporelles.

Lyazid Ouali. la mémoire ivante de Guenzet.

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