jeudi 4 juin 2026

Renaissance de la fontaine de Guenzet.

                La renaissance de la fontaine de Guenzet :

                 Quand un village redonne vie à sa mémoire
 

À Guenzet, une ancienne fontaine datant de l’époque coloniale renaît grâce à la détermination des habitants, du maire H’mimi Saadat et d’un jeune sourcier du village. Une histoire émouvante de patrimoine, d’unité et de résilience collective.

 

Au cœur de Guenzet, entre la mosquée Mosquée El Qods et l’ancienne mairie, se dresse une fontaine qui appartient autant à la pierre qu’à la mémoire des habitants.

Pendant des décennies, cette fontaine, héritée de l’époque coloniale française, avait été le témoin silencieux de la vie du village.
Les anciens s’y retrouvaient autrefois pour discuter à l’ombre, les femmes venaient y remplir leurs cruches, et les enfants jouaient autour de son eau claire qui coulait sans interruption.

Puis, avec le temps, la source finit par se tarir. La fontaine devint alors un monument figé, un vestige du passé dont il ne restait que le murmure des souvenirs.
Son bassin vide semblait raconter à lui seul l’abandon progressif d’une partie du patrimoine de Guenzet.

Mais l’histoire ne devait pas s’arrêter là.

Car dans ce village accroché aux montagnes d’Ith Yaala, certains refusent d’abandonner ce qui fait l’âme de leur terre.

La renaissance de cette fontaine est née de la volonté et de l’attachement profond d’un enfant du village à son patrimoine.
À la tête de cette initiative se trouvait H’mimi Saadat, fils d’Amar Uchergui et premier magistrat de la commune de Guenzet.

Animé par la conviction que l’histoire d’un peuple se préserve aussi à travers ses sources, ses pierres et ses lieux de rencontre, il entreprit de redonner vie à cette fontaine oubliée. La tâche semblait pourtant impossible.

La source originelle se trouvait en contrebas de la grande fontaine d’Ighzer n’Talla, le « ravin de la fontaine », un endroit envahi par le maquis, les ronces et les broussailles épaisses.
Avec le temps, la nature avait repris ses droits, dissimulant totalement l’origine de l’eau.

Des moyens importants furent mobilisés. Des engins creusèrent le terrain, des camions furent déployés, et plusieurs tentatives furent menées pour retrouver la trace de la source disparue.
Mais malgré tous les efforts techniques, rien n’y faisait.

La montagne gardait son secret.

C’est alors qu’intervint un jeune sourcier du village, héritier d’un savoir ancestral transmis de génération en génération.
Avec patience, intuition et expérience, il parcourut les lieux muni de ses méthodes traditionnelles, à l’écoute des signes invisibles que seule la terre sait révéler.

Et contre toute attente, la source fut enfin localisée.

Ce moment fut vécu comme une véritable victoire collective. L’eau fut ensuite suivie minutieusement à travers les champs, les sentiers et les ruelles jusqu’à Ighil Larbaâ.
Le travail de restauration demanda précision, endurance et coopération entre les habitants.

Jour après jour, la vieille fontaine reprit vie.

Puis un matin, l’eau recommença enfin à couler.

Une eau limpide, fraîche et cristalline jaillit de nouveau dans le bassin, sous les regards émerveillés des habitants.
Ce jour-là, ce n’était pas seulement une fontaine qui renaissait, mais une part entière de l’âme de Guenzet.

Les anciens retrouvèrent un lieu chargé de souvenirs. Les enfants découvrirent à leur tour ce patrimoine vivant que leurs parents avaient connu avant eux.

Cette renaissance symbolisa bien davantage qu’un simple projet hydraulique.

Elle prouva que la modernité peut marcher main dans la main avec les traditions. Elle rappela surtout que lorsqu’une communauté reste unie autour de son histoire et de son identité, elle peut accomplir ce qui semblait irréalisable.

Avec la mise en service du barrage de Barrage de Tichy Haf, un nouvel espoir souffle désormais sur le village.
Les visages des habitants reflètent aujourd’hui un sentiment de sérénité et de fierté retrouvée.

Guenzet avance désormais vers l’avenir sans tourner le dos à son passé.

Et dans le murmure continu de cette fontaine retrouvée, c’est toute la mémoire d’un village qui continue de couler.

Lyazid Ouali — 08 juin 2024

Lyazid Ouali, guenzet la mémoire vivante.

Lisez également :L'eau de la fraternité

Guenzet- fontaine de Guenzet Ith Yaala- H’mimi Saadat- patrimoine kabyle- barrage Tichy Haf- mémoire collective- sourcier kabyle- renaissance de la fontaine,-Lyazid Ouali.

Le maire et moi



mercredi 27 mai 2026

L'eau de la fraternité.

                  L’eau de la fraternité,
        chronique d’Aghdane Salah  et Thamasth  en 1958.


Récit historique transmis par Mokrane Boualdja sur le projet d’eau potable à Aghdane Salah en 1958, sous la mairie de Guenzet, entre solidarité villageoise, corvée traditionnelle et mémoire collective kabyle.


Mokrane raconte:

En 1958, en pleine période du plan de Constantine lancé par le général , le village vivait au rythme des espoirs fragiles et des difficultés quotidiennes. 

À cette époque, Dda  Lahcene Uabbas  occupait la fonction de maire de Guenzet. Homme respecté et attentif aux préoccupations de la population, il convoqua un jour mon père, Lamri Bouaodja, qui était alors conseiller municipal à la mairie de Guenzet.

Dans notre village d’Agjdane Salah , mon père était connu pour être le seul homme maîtrisant la langue française. 

Cela lui donnait une place particulière dans les discussions administratives et dans les relations avec les autorités de l’époque. 

Ce jour-là, Dda Lahcene le regarda avec sérieux avant de lui poser une question simple, mais lourde de sens :


Écoute, Lamri… qu’est-ce qu’il vous manque au village ?


Mon père, sans hésitation, répondit avec la franchise des hommes de la montagne :


Dda Lahcene , notre plus grand problème, c’est l’eau potable. Nos familles souffrent du manque d’eau, et nous revendiquons aussi notre droit historique à l’irrigation de nos terres.


Ces paroles résumaient à elles seules les difficultés d’une population entière. 

L’eau était une richesse vitale. 

Les femmes parcouraient de longues distances pour remplir quelques jarres, les champs s’asséchaient, et les habitants vivaient dans l’attente d’une solution qui tardait à venir.

Touché par cette réalité, Dda  Lahcene accepta de soutenir le projet. Une enveloppe financière fut accordée par la mairie afin de lancer les travaux d’adduction d’eau. 


Mais dans ces villages kabyles de l’époque, rien ne pouvait se faire sans la solidarité populaire. Alors, les habitants furent appelés à participer selon le système traditionnel de la corvée : chacun donnait de son temps, de sa force et de sa sueur pour l’intérêt collectif.

Les hommes creusaient la terre pierreuse à coups de pioche, transportaient les matériaux sur leurs épaules, ouvraient des tranchées à travers les sentiers abrupts. 

Les femmes apportaient de l’eau et de quoi nourrir les travailleurs. 

Les jeunes aussi participaient avec enthousiasme, conscients qu’ils construisaient quelque chose qui servirait aux générations futures.

À la tête du chantier se trouvait Dda  Arezki Uhafi , conducteur des travaux, homme rigoureux et courageux, qui suivait chaque étape avec précision malgré les conditions difficiles.


Mais tout le monde ne voyait pas ce projet d’un bon œil. 


Nos frères de Thamasth , mécontents de cette initiative et craignant peut-être une remise en cause d’anciens équilibres autour de l’eau, auraient entrepris certains actes de sabotage

Des canalisations étaient détériorées durant la nuit, des travaux défaits au petit matin… comme cela arrive souvent dans les vieilles histoires de villages où rivalités et fraternité se mélangent depuis toujours.

Face à ces incidents, la mairie décida alors de placer des sentinelles autour du chantier afin de surveiller les installations et punir les saboteurs pris sur le fait. 


Les nuits devenaient longues. Certains jeunes montaient la garde dans le froid et le silence des montagnes, armés seulement de leur vigilance et de leur détermination à protéger ce projet si précieux pour la population.

Selon le témoignage de notre intellectuel, le  regretté, le feu, Soltani Belkacem qui avait à peine vingt ans à l’époque, lui-même participa à la corvée et fut témoin direct de cette période. 

Il racontait souvent ces scènes avec émotion : les hommes couverts de poussière, les disputes, les éclats de rire malgré la fatigue, et cette volonté collective de faire jaillir l’eau au cœur du village.

Aujourd’hui encore, ces souvenirs restent gravés dans la mémoire des anciens comme un symbole de courage, de solidarité et d’attachement à la terre.


Et à mes chers frères de Thamasth , je tiens à dire ceci : si je raconte cette histoire, ce n’est nullement pour raviver de vieilles tensions. 

Ce ne sont que des narrations historiques transmises par nos anciens. 

Au fond du cœur, je vous aime et je considère toujours qu’Aghdane Salah et Thamasth  ne sont pas réellement deux villages, mais un seul et même village déguisé en deux visages fraternels.


Saha Aïdkoum.


le 27 mai 2026.


Lyazid Ouali, Guenzet, la mémoire vivante.


Lisez également:Thala n'tquitount



Aghdane Salah-Thamasth-Guenzet-histoire kabyle-eau potable 1958-plan de Constantine-mémoire collective-Lamri Boualdja-Lahcene Uabbas -Arezki Hafri.







lundi 25 mai 2026

Le Célibataire endurci.

              Hakim, le célibataire endurci :
  l’histoire vraie d'un homme qui avait renoncé à l’amour.

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire ce texte, pour des raisons bien évidentes. Certaines histoires touchent à l’intime, au silence des hommes et aux blessures qu’ils portent sans jamais les montrer. Mais il existe des destins tellement singuliers qu’ils méritent d’être racontés, ne serait-ce que pour rappeler que la vie réserve parfois des retournements inattendus.

Voici donc l’histoire vraie de Hakim, un homme d’un petit village kabyle accroché aux flancs de la montagne, connu de tous pour son célibat endurci, son caractère discret et cette solitude qu’il portait comme une seconde peau.

 

Je souhaite écrire l’histoire vraie d’un célibat endurci, celle d’un homme nommé Hakim, dans un petit village kabyle accroché aux flancs de la montagne.

Hakim, marqué dès l’enfance par la perte brutale de sa mère, puis de son père, a grandi seul, refermé sur lui-même, comme une porte que plus rien ne peut ouvrir.

Jamais il n’a songé au mariage, malgré le poids des années et les saisons qui passent.

Il a choisi cette vie en retrait, libre de toute contrainte, loin des responsabilités conjugales qu’il redoute plus que tout.

Ses amis, ses proches, n’ont jamais cessé de tenter de le convaincre : une épouse, lui disaient-ils, serait un appui, une compagne pour traverser ensemble le fleuve capricieux de l’existence.

Mais Hakim, têtu comme une mule et craintif comme une poule devant l’orage, refusait obstinément.

Les jours se sont empilés, puis les années. Il s’est accommodé de son célibat comme on s’installe dans un fauteuil usé mais confortable.

Il rentrait chez lui à l’heure qu’il voulait, mangeait ce qui lui plaisait, sans jamais demander de l’aide à quiconque.

Il vivait dans son nid douillet, bercé par le silence et la solitude.

Mais la nature, malicieuse et imprévisible, aime les retournements.

C’est souvent quand on croit que tout est figé, que les carottes sont bel et bien cuites, que le destin s’amuse à changer la donne.

Après tant d’années vécues comme un ver solitaire, courbé sous le fardeau du temps, Hakim décide, sans prévenir, de se marier.

Pourquoi ? Comment ? Personne ne le sait. Il ne l’a confié à personne.

Ce jour-là, vêtu de son plus beau costume bleu ciel et d’une chemise blanche comme la neige fraîche, il est apparu transformé.

Le Hakim d’hier n’était plus celui d’aujourd’hui. Le village entier en est resté bouche bée. Il y a des mystères que seule mère nature sait orchestrer.

Comme cet adage qui revient toujours, tel un boomerang :

« Fontaine, je ne boirai jamais de ton eau »…

Et pourtant, Hakim a bu, à grandes gorgées, ce qu’il n’avait jamais osé imaginer.

Hakim s’assit sur le perron de la maison, celui où son vieux père passait jadis ses journées, immobile, le regard perdu dans les collines.

Le silence, épais comme une brume d’hiver, enveloppait les murs.

Il fixa la porte entrouverte, comme s’il attendait une visite oubliée. Mais nul pas ne résonna.

À voix basse, sans même s’en rendre compte, il murmura :

— Tu vois, Yemma… j’ai tenu bon. J’ai suivi ton conseil. Pas de femme, pas d’enfants. Juste le travail, la maison, le figuier.

 

Il se leva, marcha lentement dans le couloir, jusqu’au vieux miroir fendu. Il s’y arrêta, longtemps.

Le visage qui lui faisait face était celui d’un homme qui avait retenu ses larmes trop longtemps.

— Mais à qui vais-je laisser tout ça ? souffla-t-il.

Une fenêtre claqua sous le souffle du vent. Hakim sursauta.

Il referma la porte, avec lenteur, comme on referme un livre qu’on n’a jamais osé lire.

Et pourtant, les plus belles histoires d’amour se terminent souvent par une parabole simple : celle de tout partager avec une autre âme.

Le jour où Hakim accepta de porter l’anneau, celui qui le reliait à l’autre, alors quelque chose s’ouvrit.

Une brèche dans le silence. Une promesse.

Car à partir de ce jour, le jour où Hakim, le célibataire endurci, consentit enfin à desserrer l’étau de ses certitudes, quelque chose bascula.

Ce n’était pas un miracle, ni une révélation éclatante. Juste une brèche, discrète mais profonde, dans le mur qu’il avait construit autour de lui.

Et dans cette brèche, la lumière s’infiltra. Tout dans la vie redevint possible : le partage, le regard de l’autre, le pain rompu à deux, les silences habités.

Ce jour-là, Hakim ne renonça pas à lui-même. Il s’ouvrit simplement à ce qu’il n’avait jamais osé espérer..

Que leur route soit douce, que leurs jours soient longs.

Que le figuier refleurisse chaque printemps, et que la maison résonne de voix nouvelles.

Félicitations à Hakim, pour avoir choisi de vivre, pleinement.

 

Lyazid Ouali, Guenzet memoire vivante.

 

Lisez également:La fierté d'un montagnard Kabyle

 

Hakim célibataire endurci -  histoire vraie Kabylie-  récit kabyle- amour inattendu-oualilyazid- mariage surprise

jeudi 14 mai 2026

Aourir Eulmi de Guenzet.

                  Aourir Eulmi de Guenzet : 

  Histoire, origine et mémoire d’un village kabyle chargé d’identité.

Découvrez l’origine d’Aourir Eulmi à Guenzet, son histoire ancienne, ses racines kabyles et la mémoire du village lié au personnage Eulmi venu des Hautes Plaines.

Perché sur les hauteurs de Guenzet, "Aourir Eulmi" est bien plus qu’un simple village kabyle. C’est un lieu où la géographie rencontre la mémoire, et où chaque pierre semble porter le poids d’une histoire ancienne transmise par la tradition orale.

Selon plusieurs récits locaux, le nom du village serait lié à un personnage appelé "Eulmi", originaire des Hautes Plaines, probablement de la région d’El Eulma ou des environs de Bordj Bou Arreridj. 

Ce dernier se serait installé sur cette colline stratégique des Ath Yaala, donnant naissance à une appellation devenue intemporelle :"Awrir Uɛulmi", "la colline de Eulmi".
La tradition orale d’Aourir indique que "Eulmi" viendrait de la région d’El Eulma" (ancienne Saint-Arnaud). Le nom du village serait donc :"Awrir Uɛulmi" = "la colline de l’homme d’El Eulma".
Ce type de formation est très fréquent en Kabylie : un homme arrive d’une autre région, il est identifié par son origine, il s’installe, son nom devient celui du lieu. Exemples similaires :  Ath Yaala, et la progéniture de Yaala, Tizi Medjber, Taourirt Yacoub…
Comme beaucoup de toponymes kabyles, le nom du village associe :un élément naturel : "Awrir (colline)", un nom humain : "Eulmi / Uɛulmi". 

Cette structure linguistique reflète une organisation ancienne du territoire où la mémoire des hommes se confond avec celle du paysage. Aujourd’hui encore, le nom "Eulmi" subsiste dans le village, rappelant une origine possible, une migration ancienne ou une lignée fondatrice ayant marqué durablement l’identité locale.

une autre hypothèse historique sur le nom “Eulmi”, Des sources évoquent également des formes anciennes comme :"El-Eulmi", qui correspondrait à une nisba (nom d’origine géographique), signifiant :"originaire d’El Eulma, "Eulmi" serait une contraction locale issue de cette origine.

Le village d'Aourir Eulmi est composé de sept (07) hameaux :

-Anzaten : partie ancienne du village, zone centrale ou en pente
-Taxarubt : quartier périphérique ou en contrebas
-Taddart Wadda : le village d’en bas
-Taddart Ufella: le village d’en haut
-Inurar : zone ouverte ou terres agricoles
-Lxelwa : endroit isolé ou retiré
-Agulmim : proximité d’un point d’eau ou terrain humide.

le village d'Aourir Eulmi est situé dans la commune de Guenzet, au sein du pays des Ath Yaala / Béni-Yaâla. Des travaux universitaires et des recherches locales rappellent que cette région montagneuse appartient au massif du Guergour. 

Familles et lignages du village

Voici les noms les plus cités dans les sources et la mémoire locale :
-Eulmi / Oulmi / Aoulmi: directement lié au village d’Aourir Eulmi ; probablement ancien nom lignager local.
-Chabouni:Ancienne famille mentionnée dans les témoignages liés à la guerre de Libération à Aourir.
-Ith Zaid: Zaidi / Zidane / Aarfouni: présent dans les associations et la vie locale du village.
-Ith Chikh : Djabali, Madri.
-Ith Laalmi: Laalmi.
-Ith Abdellah: Hamdani, famille ancienne des ith Yaala, le village est cité comme terre natale de Ismail Hamdani ( ancien chef du gouvernement).
-Hanifi:nom cité dans recits historiques du bombardement du village durant La guerre d'Algérie.-Guettaf, Saadi, Messif, Nacef, Ikassiwen; Kassa. 
-Zwanda: actuels, Zidane et Aarfouni.
-Zyathna: Zitouni et Boutaleb.
-Ihvachen: Boutouta,Aibeche.
-Ith Karri: Chamlal, Abdelkafi,Allouche,Berkat.
-Ith Chabane: Chabouni et Djelloul.
-Oumeziane: Oulmi
-Bentayeb: Messili.
-Ioulmien: Hachid (existe à Tizi Medjber).
-Ith Bourahla: Bourahla ( existe à Ith Hafed).
-Ibaroudhen:Baroud.
-ith ouali:Mazro et Bali.
-Ikhloufen: Aklouf.
-Boutaouil: Aïd, origine de ouled Aïd. Drikeche, origine de BBA, Falih (Chrea),Djoudi(Sidi el Djoudi).
-Ouivan: Mansour et Faiz.
-Oumar: Lounes.
📌 Source : Hamdani Djamel – Djabali Amar.

Aourir Eulmi reste un village où l’histoire, la toponymie et la mémoire orale se rejoignent. Entre migration, installation ancienne et organisation des Ath Yaala, le village conserve encore aujourd’hui les traces vivantes d’un passé profondément enraciné dans la montagne kabyle.

Mai 2026, repris du livre "Azar nith Yaala" (Racines) de Lyazid Ouali.

Lyazid Ouali, Guenzet, Mémoire vivante.

LISEZ ÉGALEMENT : Tanaqucht et Ouaouchia

Aourir Eulmi- Guenzet- histoire Kabylie- Ath Yaala- origine Aourir- Eulmi El Eulma- villages kabyles- toponymie kabyle- Bordj Bou Arreridj- mémoire berbère.




samedi 9 mai 2026

Les gardiens de la placette.

 

Un voyage au cœur de Guenzet, entre mémoire, traditions et humanité.
Disponible sur TheBookEdition.com

En écrivant Les gardiens de la placette, j’ai voulu préserver une mémoire qui ne s’archive pas, celle qui se transmet par les gestes, les regards, les silences partagés sous un figuier complice.

La placette de Guenzet, lieu modeste et sacré, abrite des figures qui portent la dignité sans costume, la parole sans discours. Ce livre est pour eux — pour ceux qui gardent le lien, malgré les absences et les saisons, ceux dont la présence nourrit le cœur du village.

C’est une offrande — non pas de vérité, mais de fidélité. À la terre, aux visages, aux récits suspendus.

  lire aussi: les grandes familles d'Ikhlidjene:Les grandes familles d'Ikhlidjene

mardi 5 mai 2026

Tanaqoucht et Ouaouchia.

                          3eme partie 

Les grandes familles et fractions d’Ikhlidjen à Guenzet : origines et lignées ancestrales.


Découvrez les grandes familles et fractions d’Ikhlidjen à Guenzet : Iguennachen, Aït Meddour, Iharchaouen, Aït Maza et leurs origines ancestrales kabyles.


Au cœur de Guenzet , la région d’Ikhlidjen constitue un véritable noyau historique et humain où se mêlent lignées ancestrales, mémoire collective et organisation traditionnelle kabyle.

Après avoir évoqué les fractions de Bouzoulith, Thaddarth et Lahdada, ce chapitre nous conduit vers la partie centrale du village : Laaraf, Tanaqoucht et Ouaouchia.

À travers les différentes branches familiales et leurs sous-branches, ce texte retrace l’histoire des grandes familles ayant façonné cette partie de Guenzet au fil des générations. Entre héritages venus de la Qalâa des Béni Hammad,Douar Zemmoura,Guergour, et migrations anciennes depuis le Djurdjura, chaque nom de famille porte une part de l’identité kabyle locale.


Les grandes branches familiales d’Ikhlidjen à Guenzet.


Nous voici enfin arrivés aux fractions de Laaraf, Tanaqoucht et Ouaouchia, après celles de Bouzoulith, de son satellite Thaddarth et de Lahdada.

Ce chapitre est consacré à la partie centrale de Guenzet. Il convient de préciser d’emblée que l’appellation Ikhlidjen désigne le centre du village ainsi que ses cinq hameaux environnants : Tanaqoucht, Lahdada, Ouaouchia, Bouzoulith et Thaddarth. 

À cet ensemble viennent s’ajouter Tamast et Aghelad n’Salah (le mur de Salah).


La branche des Iguennachen
La branche des Aït Maza
La branche des Aït Zaid
Les Iabbasien
La branche des Aït Meddour
La branche des Aït Temrart
La branche des Aït Ammar
La branche des Aït El Hadj Ouammar
La branche des Aït Bezghou
La branche des Aït Bouchemoukh
La branche des Aït Ben Dra
La branche des Iharchaouen


Nous retrouvons d’abord la branche des Iguennachen, composée de plusieurs sous-branches :

-Ibelaiden : représentés par les familles -Belaid, -Abdelkader et -Messaoudi.

-Iguenaache : représentés par les familles -Guennache, -Biri, -Hachache, -Guerrache et -Lafi.

-Ou Maâmar : représentés par la famille Flili.

-Aït Metlous : la famille Bestam.

-Aït Enser : les Nessah

-Aït Ou Rabah : représentes par la famille Rebahi.

-Aït Hafi : représentés par trois familles : -Hafir, -Hafri et -Bouchefra.


La branche des Aït Maza comprend :

la première sous-branche des Maza, regroupant les familles:

-Maza, 

-Ouali 

-Oularbi .

la deuxième sous-branche des Aït Baza, représentée par la famille:

-Haouza.


La branche des Aït Zaid, ou Izaidien, est représentée par les familles :

-Zaidi

-Saidi

-Abbache.


Les Iabbasien sont représentés par la famille -Abbés.


La branche des Aït Meddour englobe neuf sous-branches :

Aït Meddour

-Meddour, -Madouni, -Madour, -Hammadouche, -Oubaid et -Kaddouh.

-Aït El Kerta : la famille Kerma.

-Aït Abderrahmane : la famille Abderrahmane.

-Aït Mazouz : Mazouz et Amazouz.

-Aït Hamama : Hamoui.

-Aït Bahmed : Bahmed.

-Aït Maâmer : Mammeri.

-Iberkuken : Berkouk.

-Aït Hamid : Lahmidi.


La branche Tamrart est représentée par :

Aït Temrart : la famille Tamrart.

Aït Bouchelaghem : la famille Bouchelaghem.

Abderezeg : les Younsi.


La branche des Aït Ammar comprend :

-Yahi

-Mamma.


La branche Ait Hadj Ouammar comprend :

Aït Hadj Ouammar : représentés par les Kermiche. 

Lachachi : la famille Zerkoune.


La branche Bezghou se compose de :

Bezghou : les familles -Rabia et -Boukaroune.

Aït Mehas : Mehaoui.


Les Ait Bouchmoukh Surnommée « ceux de la jarre », cette branche comprend :

-Bouchemoukh : la famille Bouchemla.

-Aït Makhlouf : la famille Makhlouf.


La branche Ait Zendra est représentée par trois sous-branches :

-Aït Zendra : Bellali.

-Aït Kadi et Aït Hammou : Bouchaoui.

-Tobdji : la famille Tobdji.


Originaire du Djurdjura et, selon la tradition orale, des Ouled Dahmane, la branche des Iharchaouen comprend onze sous-branches :

-Iharchaouen : -Harchaoui et -Harfiche.

-Aït Mahdi : -Mahdi, -Arfa et -Larfa.

-Aït Aïssa : -Ouslati et -Trouda (Tirourda).

-Aït Khalfi : -Khalfi.

-Igaouaouen : -Zouaoui et -Gaoua.

-Aït Daikh : -Daikhi.

-Aït Ben Atmane : -Azzala.

-Aït Bou Kechida : -Kechida.

-Aït Berdjem : -Ardjoum.

-Aït Laribi : -Meziani.

-Aït Oulhadj : -Guedouar.


Mai 2026.


Lyazid Ouali, Guenzet, mémoire vivante.


Lisez également :-Les Ait Ahmed Ouyoucef

-Bouzoulith et Thadarth


Guenzet-Ikhlidjen-familles de Guenzet-tribus kabyles-histoire de Guenzet

-villages kabyles-généalogie kabyle-patrimoine kabyle-mémoire villageoise-Kabylie historique.







jeudi 30 avril 2026

Les Secrets de l’épicier :

                Les Secrets de l’Épicier de Guenzet : 

Une Histoire Kabyle .



"Plongez dans une histoire kabyle pleine d’humour et de sagesse à Guenzet. Entre ruse commerciale, pastèque inattendue et réconciliation, découvrez les secrets d’un épicier pas comme les autres."

Au cœur d’un village kabyle niché dans les montagnes d’Ith Yaala, une petite épicerie devient le théâtre d’une scène aussi drôle que révélatrice. 

Entre clients imposants, pastèque trompeuse et sagesse populaire, Dda Abu incarne cette figure emblématique du commerce traditionnel où l’humour et l’intelligence humaine priment sur tout.

Dans ce récit inspiré du quotidien de Guenzet, je vous livre une histoire à la fois légère et profonde, où même les querelles trouvent leur apaisement.


Ils s'étaient engouffrés dans la petite épicerie de Dda Abu comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. 

Grands et forts, ils semblaient dominer l'espace exigu, tandis que Dda Abu, surpris, les yeux écarquillés comme des boules de loto, s'avançait précipitamment pour leur barrer l'entrée. 

Malgré sa petite taille, il parvint à les arrêter, et avec un large sourire, il leur lança d'une voix douce et gracieuse :

- "Que puis-je faire pour vous, messieurs ?"

Immédiatement, l'un des gaillards prit la parole : 

— "Nous avons l'intention de passer une belle journée à la station thermale de Hammam Guergour. » 

Alors, cher monsieur Larbi, nous vous prierons de nous choisir une de vos meilleures pastèques qui ont l'air délicieuses."

Dda Abu, avec le commerce dans les veines, sentant une occasion de vendre, se lécha les babines.

-- "Mais bien sûr," dit-il d'un ton sûr et solennel. 

— "Vous ne trouverez pas d'aussi bonnes et juteuses pastèques dans toute la région, je vous en fais le serment !" 

Tous acquiescèrent de la tête. Aussitôt dit, aussitôt fait, Dda Abu saisit un couteau de boucher, fit une entaille sur la pastèque, découpa un petit rectangle, planta le couteau dessus et le sortit devant les yeux écarquillés des gaillards ! 

Pouf ! La pastèque était carrément jaune, on aurait dit un melon !

Déçus, les gaillards s'apprêtaient à sortir quand Dda Abu, aussi malicieux qu'un renard, les arrêta : 

— "Attendez, dit-il, 

— Ne vous fiez pas à la couleur. Cette pastèque est réellement juteuse et délicieuse, je vous en donne ma parole. 

Et puis, puisque vous allez passer la nuit à Hammam Guergour, mangez-la dans l'obscurité !"

Eh bien, Dda Abu avait du culot ! Les gars, trouvant l'astuce drôle et originale, acceptèrent.

Fier de son exploit, Dda Abu se planta debout devant sa devanture, les mains sur les hanches, scrutant et dévisageant les passants. 

Son œil se posa sur l'Hadj Lahcene, qui traversait la route en plein milieu de la chaussée. Avec lui, il avait eu des brouilles depuis quelques jours. 

Lahcene, pour ceux qui ne le connaissaient pas, était un richissime homme de Guenzet, de grande taille et doté d'une prestance indéniable.

Lahcene s'arrêta juste devant la boutique de Dda Abu, le regarda de haut en bas puis lui dit :

— "Peux-tu m'expliquer quelle est la raison de notre embrouille ?"

Dda Abu, écartant ses petites jambes pour mieux consolider son centre de gravité, croisa les bras et fixa les yeux de Lahcene comme s'il regardait le ciel. 

— "Hadj, dit-il en s'adressant à Lahcene, 

— "Entre toi et moi, c'est comme ce transistor à qui il manque un fil à souder.

— "Il ne peut pas fonctionner correctement, mais avec un peu de travail et de volonté, il peut être réparé."

Lahcene, surpris par cette métaphore inattendue, fronça les sourcils avant de laisser échapper un rire sincère. 

— "Ah, Dda Abu, tu as toujours le mot pour rire. Peut-être avons-nous été stupides de nous brouiller pour si peu."

Dda Abu, adouci par le rire de son ancien ami, baissa les bras et avança d'un pas. 

-"La vie est trop courte pour les querelles, Lahcene. Si nous pouvons réparer notre amitié, tout comme ce transistor, faisons-le."

Les deux hommes échangèrent un regard lourd de compréhension et de réconciliation. 

Lahcene tendit la main, et Dda Abu la saisit fermement, scellant ainsi leur trêve sous l'œil vigilant des passants et des montagnes d'ith Yaala.

Les gaillards, toujours à l'intérieur de la boutique, observaient la scène avec un sourire complice. 

— "Il semble que Dda Abu ait non seulement vendu sa pastèque, mais aussi réparé une amitié," commenta l'un d'eux.

Dda Abu, avec son tarbouche rouge qui ne le quitte presque jamais, tout content de lui, retourna à ses affaires, le cœur léger. 

Sa boutique, comme toujours, était plus qu'un simple lieu de commerce. C'était un carrefour de vies, de récits, et de relations humaines. 

À mon ami Bachir Biri 

 Octobre 2024.

Lyazid Ouali, Guenzet, la mémoire vivante.

histoire kabyle-Guenzet-épicerie traditionnelle-récit village kabyle-humour kabyle-vie en Kabylie-conte algérien.

“Découvrez d’autres histoires de Guenzet racontées par Lyazid Ouali.

La fierte d'un montagnard


 


Les gens qui font mon village

Hadda, la porteuse d'eau

                             HADDA                  (Hadda Ubenathmane)                                         LA PORTEUSE D’EAU Hadda Uben...