vendredi 7 août 2026

Le village Kabyle

                                            Le village kabyle.

(1875/1910).


"Le village kabyle de Béni Saf : l’histoire des ouvriers venus de Kabylie après 1871, leur vie dans les cités minières, leur travail et leurs traditions."


Il existait, non loin d’Oran, sur les hauteurs de Béni Saf, un village qui ne figurait sur aucune carte officielle. 

Il n’avait ni nom reconnu par l’administration, ni limites clairement tracées, et pourtant il vivait pleinement dans la mémoire et dans la parole des hommes. On l’appelait simplement le village kabyle.


Il était né peu à peu, au gré des arrivées, autour de la grande mine de Béni Saf, dont les entrailles fournissaient du minerai et faisaient vivre des centaines d’ouvriers. Chaque matin, avant même que le soleil ne se lève complètement, les hommes quittaient leurs modestes habitations pour rejoindre les puits et les galeries. 

Ils descendaient dans les profondeurs de la terre, armés de pioches, de lampes et de courage, pour arracher à la roche ce qui faisait la richesse de la mine.


Dans les ruelles poussiéreuses du quartier, on entendait parler kabyle à chaque coin de rue. Les voix se mêlaient aux bruits de la mine, aux appels des marchands.

Ici, les noms de villages de Kabylie revenaient sans cesse dans les conversations : Aït Yaala, Aït Ouacif, Béjaïa, Sétif… Chacun avait laissé derrière lui une maison, une famille, quelques oliviers ou un morceau de terre dont il ne savait pas s'il reverrait un jour la couleur.

La plupart de ces hommes étaient venus de Kabylie. Ils avaient quitté leurs montagnes, leurs villages accrochés aux pentes, leurs champs de figuiers et d'oliviers, non par goût de l'aventure, mais poussés par la nécessité.

Après la révolte de 1871, la situation était devenue particulièrement difficile pour de nombreuses familles kabyles. 

Les conséquences de l'insurrection, les confiscations de terres, la pauvreté et l'appauvrissement des campagnes avaient jeté sur les routes des hommes qui n'avaient plus grand-chose à attendre de leur terre natale. 

Certains partirent vers Alger, d'autres vers les villes de l'Ouest. Beaucoup finirent par échouer à Béni Saf, attirés par les salaires que promettait la mine.

Ils arrivèrent avec peu de bagages.

Un baluchon, quelques vêtements, parfois une vieille couverture, et surtout l'espoir de pouvoir envoyer quelques pièces à ceux qui étaient restés au village.

Au fil des années, ils formèrent une véritable communauté. Ils habitaient les mêmes quartiers, partageaient parfois les mêmes logements, fréquentaient les mêmes cafés et se retrouvaient le soir pour parler du pays. Après une journée passée sous terre, les conversations revenaient inévitablement vers la Kabylie.

On parlait des récoltes, des oliviers, des mariages, des décès, des nouvelles venues du village. 

On racontait les histoires de ceux qui étaient partis et de ceux qui étaient restés. Certains avaient le mal du pays ; d'autres avaient fini par considérer Béni Saf comme leur seconde patrie.

Mais cette présence importante des Kabyles ne tarda pas à susciter des commentaires.

Une rumeur commença à circuler dans les cafés, les échoppes et jusque dans les marchés :


— La direction favorise les Kabyles.


Personne ne savait exactement qui avait lancé la rumeur. Mais elle se répandit rapidement.

On disait que, pour obtenir un emploi à la mine, mieux valait être Kabyle. 

Certains parlaient de favoritisme. D'autres affirmaient que les Kabyles occupaient les meilleurs postes. 

Les conversations devenaient parfois vives, et les reproches se faisaient de plus en plus insistants.


La direction finit par entendre parler de ces accusations.

Un matin, le directeur de la mine, un Français installé depuis plusieurs années dans la région, décida de convoquer une assemblée générale. Il voulait mettre fin aux rumeurs, non pas par des discours, mais en laissant les faits parler d'eux-mêmes.

Les ouvriers furent rassemblés dans une grande cour. Ils étaient nombreux. Mineurs, mécaniciens, employés, ouvriers spécialisés et journaliers attendaient, certains avec curiosité, d'autres avec méfiance.

Le directeur prit la parole.

Il expliqua que la mine ne pouvait fonctionner qu'avec des hommes capables, sérieux et expérimentés. 

Il affirma que les origines, les villages ou les appartenances n'entraient pas en ligne de compte lorsqu'il s'agissait de recruter ou de confier des responsabilités.

Puis, d'une voix ferme, il demanda à ceux qui exerçaient certains métiers de s'avancer.


— Les électriciens !


Quelques hommes sortirent du rang.


— Les mineurs qualifiés !


D'autres avancèrent.


— Les mécaniciens !


Puis les comptables, les bûcherons, les cuisiniers, les employés administratifs, les ouvriers spécialisés…


À chaque appel, des hommes quittaient la foule et traversaient lentement la cour.


Au début, personne ne remarqua vraiment ce qui était en train de se produire.

Puis un silence étrange s'installa.

Les regards commencèrent à se croiser.

Les hommes désignés avaient un point commun : ils étaient tous Kabyles.


Un murmure parcourut l'assemblée.

Certains baissèrent les yeux. D'autres regardèrent leurs voisins avec étonnement. Ceux qui, quelques jours auparavant, accusaient la direction de favoritisme semblaient soudain ne plus savoir quoi dire.


Le directeur attendit que le silence revienne.

Il regarda longuement les hommes alignés devant lui, puis se tourna vers l'assemblée.


— Voilà ceux que nous avons recrutés. Nous ne leur avons pas demandé d'où ils venaient. Nous leur avons demandé ce qu'ils savaient faire.


Il marqua une pause avant d'ajouter :


— Ici, nous avons besoin de compétences, pas d'origines.


Personne ne répondit.


La scène dura quelques instants, mais elle resta longtemps dans les mémoires.

Pour certains, elle fut peut-être un désaveu. Pour d'autres, elle fut surtout le reflet d'une réalité que personne ne pouvait nier : 

ces hommes venus des montagnes avaient su trouver leur place dans un monde qui leur était pourtant étranger.

Ils avaient appris à manier les outils, à comprendre les machines, à descendre dans les profondeurs de la terre, à réparer, construire, organiser et diriger. 

Ils avaient transformé la nécessité en savoir-faire et l'exil en force.

Le soir venu, dans les cafés du quartier kabyle, on raconta encore longtemps ce qui s'était passé.

Les anciens en tirèrent une certaine fierté, mais sans triomphalisme.

Car derrière cette réussite se cachait une histoire beaucoup plus douloureuse : 

celle d'hommes,éternels voyageurs, contraints de quitter leurs montagnes parce que leur terre ne pouvait plus les nourrir.

Ils avaient emporté avec eux leur langue, leurs coutumes, leurs souvenirs et cette obstination silencieuse propre à ceux qui n'ont pas le choix.


À Béni Saf, ils avaient creusé la terre comme leurs pères avaient autrefois creusé les champs de leurs montagnes. 

Ils avaient changé la pioche du paysan contre celle du mineur, l'olivier contre le minerai, la pente de la montagne contre les galeries obscures de la mine.

Et, sans même le savoir, ils avaient construit autour de la mine un petit morceau de leur Kabylie perdue.

Un village sans nom sur les cartes, mais bien réel dans la mémoire des hommes.


L.ouali août 2026.

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jeudi 30 juillet 2026

La voix de la montagne

 

                   La voix de la montagne.


"Portrait de Khaled, paysan kabyle resté fidèle à sa terre et à ses bêtes toute sa vie. Extrait d'Azar nith Yaala — Racines, de Lyazid Ouali."


Khaled Bahmed était le benjamin de la fratrie, né et grandi au milieu des bovins et des caprins. Dès ses premiers instants, il s'était épris de la terre, des sillons, des odeurs et des bruits des bêtes. La voix de la montagne l'avait envoûté au point qu'il choisit de vivre paysan — pauvre peut-être, mais toujours digne. Pour lui, peu importait que le pain fût d'orge, de blé ou d'avoine : il devait être blanc, honnêtement gagné à la sueur du front, jamais reçu par courbette ni arraché à la misère des grandes villes.

Il resta au bled et laboura la terre toute sa vie. « Je ne changerais pas une brindille de mon patelin contre tous les avantages de la vie citadine », répétait-il, inébranlable.

Sa terre, souvent difficile, rocailleuse et froide, parfois blessante sous la houe, n'en demeurait pas moins une compagne majestueuse : des chênes et des oliviers tachaient de vert les pentes. Dans sa grange, où le soleil brûlait d'une lumière crue, les vaches et les chèvres traçaient leurs chemins, les poules picoraient en cadence, et une eau limpide jaillissait des sources, portant cette odeur unique de terre et d'herbe séchée.

Le paysan, par nature, aime les grands espaces ; pour les natifs de la campagne, l'horizon est essentiel, presque vital. Khaled, profondément marqué par la perte de sa mère à soixante-cinq ans, puis, peu après, par celle de son père, ne concevait pas d'abandonner son village natal. Au plus profond de son cœur et de sa raison, il savait que c'était là qu'il avait jeté son ancre.

Sa relation avec la nature et les animaux était presque magique. On l'appelait « l'homme qui parlait aux animaux », tant il semblait comprendre leurs regards et leurs gestes.

On raconte qu'un jour son cheval fut volé. Khaled passa des jours à le chercher, interrogeant voisins et marchands sans succès, jusqu'à ce qu'un cultivateur vienne l'avertir : un homme d'un village voisin avait acheté, au souk, un cheval qui pourrait être le sien.

Sans perdre de temps, Khaled se rendit chez l'acheteur. Devant l'homme méfiant, qui exigeait des preuves, Khaled posa la main sur sa poitrine, ferma les yeux comme pour invoquer la mémoire du ventre, et appela son cheval d'une voix basse et profonde. Comme si la voix avait franchi les kilomètres, le cheval, qui se trouvait dans l'écurie, leva la tête, sortit et vint se placer devant Khaled, frottant son encolure contre lui. Ému et convaincu, l'acheteur rendit l'animal sans contrepartie. L'histoire circula longtemps dans les villages, renforçant l'aura de Khaled.

Plus tard, devenu grand-père, il effectua le pèlerinage à La Mecque avec sa femme. De retour, il garda la piété au fond du cœur, mais remit la gandoura et le bâton du pèlerin pour le bleu de travail et la gaule, retournant aux champs. Pour lui, le travail était aussi une forme de dévotion : labourer, semer et récolter relevaient d'un même geste sacré.

Khaled était marié à Hafri Djaouida, d'Axxam Uhafi, issue de la grande famille des Aït Hafi, qui comprend aussi les branches Hafir et Bouchefra. Djaouida donna six filles à la famille : Nacera (1970), mariée à Keddour Djamal ; Zahia (1973), épouse de Djamal Ouglal ; Yamina (1974) ; Rafika (1981), qui épousa son cousin maternel Bouchemla Kamel, fils de la défunte Djamila Bahmed ; Kenza (1984) ; et Latifa. Ils eurent aussi deux fils : Ferhat (1975) et Lakhdar (1988). Djaouida était la sœur de Lahcen, Abbas, Abdelkrim et Ali Uhafi (Hafri), connu autrefois pour ses activités de transport clandestin.

Khaled est décédé le 25 juillet 2021, à l'hôpital de Bougaa.

Extrait du livre Azar nith Yaala — Racines, de Lyazid Ouali

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lisez aussi: Souvenirs d'enfance



dimanche 19 juillet 2026

Souvenirs d'enfance

 

                Souvenirs d'enfance

Il existe des lieux qui disparaissent sans jamais s'effacer de notre mémoire. 

Cet immeuble, où des familles venues de Guenzet avaient recréé un véritable village au cœur de la ville, demeure pour moi le symbole d'une époque où l'hospitalité, la solidarité et les liens humains faisaient partie du quotidien. Ce récit est un hommage à celles et ceux qui ont illuminé mon enfance et dont les souvenirs continuent de vivre à travers ces quelques pages.

Je me souviens, comme si c'était hier,  pour reprendre les mots de Mouloud Feraoun, du temps où j'étais un petit bambin, haut comme trois pommes, débordant d'énergie, de curiosité et d'une insouciance qui faisait de chaque journée une aventure.

À cette époque, nous vivions dans un immeuble pas tout à fait comme les autres. Ce n'était pas seulement un bâtiment de plusieurs étages ; c'était un petit morceau de notre village transplanté en ville. La plupart des habitants étaient originaires de Guenzet, si bien qu'en franchissant la porte d'entrée, on avait l'impression de rentrer au pays.

Au rez-de-chaussée habitaient les Belaïd et les Zouaoui. Au deuxième étage vivaient les Abachi et notre famille. Plus haut résidaient les Oularbi, les Kerma et les Abderrahmane. Les Abachi occupaient également un second appartement au troisième étage, tandis que les Daikhi vivaient tout en haut de l'immeuble.

Toutes ces familles avaient été réunies grâce à la générosité, au courage et à la détermination d'un homme exceptionnel : Ammi Larbi, notre boulanger.  Pour nous, il était bien davantage qu'un voisin. Il était l'âme de cette petite communauté. Sa porte restait toujours ouverte, son sourire ne quittait jamais son visage, et chacun savait qu'il trouverait auprès de lui une parole bienveillante ou un geste de solidarité.

Ammi Larbi et sa famille étaient nos voisins de palier.

Sa femme, une cousine à nous, incarnait la douceur et la bonté. Sa voix apaisait, son regard rassurait. Et puis il y avait leurs filles... Ah ! leurs filles...

Elles étaient belles comme les roses de notre jardin, élégantes, rayonnantes, mais leur véritable beauté résidait ailleurs : elles étaient cultivées, parfaitement éduquées et toujours prêtes à rendre service avec une simplicité désarmante.

Je me rappelle encore du jour où nous avons emménagé dans notre nouvel appartement. Ce jour-là, nos voisins, les Abachi, nous offrirent un accueil si chaleureux qu'il demeure gravé dans ma mémoire comme l'un des plus beaux souvenirs de mon enfance.

Pour célébrer notre arrivée, ils avaient préparé un véritable festin de bienvenue. Toute la maison était en effervescence. Dans la cuisine, les marmites fumaient doucement. Les parfums du couscous, des légumes mijotés, du pain chaud et des pâtisseries se mêlaient dans un tourbillon d'odeurs qui emplissait tout l'appartement.

Les femmes allaient et venaient avec une élégance naturelle. Chacune semblait connaître son rôle, comme les artistes d'un opéra parfaitement réglé.

Du haut de mes quelques années, je restais en retrait, fasciné par ce ballet silencieux. Je ne comprenais pas pourquoi tout le monde semblait si occupé.

Je tirai doucement la manche de ma mère.

— Pourquoi tout ce remue-ménage ?

Elle me regarda avec un sourire plein de tendresse.

— C'est ainsi que l'on accueille les nouveaux venus. Chez nous, personne n'arrive sans être reçu comme un membre de la famille.

Cette réponse, si simple, s'est gravée en moi pour toujours.

Ce jour-là, sans vraiment le comprendre, j'appris que l'hospitalité n'était pas seulement une coutume : elle était une manière de vivre, une façon de dire à l'autre : « Tu es désormais des nôtres. »

À partir de ce jour, mon affection pour cette famille ne cessa de grandir. Ammi Larbi et les siens m'avaient adopté comme si j'étais leur propre enfant.

J'étais leur petit protégé. On me choyait, on me dorlotait, on riait de mes facéties et l'on me faisait sentir que j'avais toujours ma place parmi eux.

Je passais chez eux la plus grande partie de mon temps libre. Parfois, ils m'invitaient à regarder la télévision. À cette époque, posséder un téléviseur était un privilège que notre famille ne pouvait pas encore s'offrir.

Je m'asseyais alors sagement, émerveillé devant ces images qui semblaient venir d'un autre monde.

D'autres fois, je passais des heures sur leur balcon. Je regardais la rue vivre sous mes yeux. Les passants, les marchands ambulants, les enfants qui jouaient, les discussions animées des voisins... J'aimais observer ce spectacle quotidien, d'autant plus que notre appartement ne possédait pas de balcon.

Les filles de la famille semblaient apprécier ma compagnie. Avec mon caractère espiègle, parfois un peu loufoque, mais toujours respectueux, je les faisais rire sans même m'en rendre compte.

Elles se moquaient gentiment de mes maladresses, m'encourageaient lorsque j'étais timide et veillaient constamment à ce que je me sente à l'aise parmi elles.

Il existait pourtant une scène qui les amusait énormément.

Chaque fois que l'heure du repas approchait, je trouvais aussitôt un prétexte pour disparaître. Je prétendais devoir rentrer chez moi, ou bien je m'inventais une course urgente.

Elles connaissaient parfaitement mon petit manège.

— Regardez-le ! Il va encore s'échapper !

Puis les rires éclataient.

— Il est incorrigible !

Je souriais, un peu gêné.

En réalité, je n'osais jamais rester à table. J'avais reçu une éducation où l'on apprenait très tôt à ne pas profiter de la générosité des autres. Cette discrétion était ma manière de les remercier.

Avec le temps, ce petit jeu devint un rituel affectueux entre nous. Elles savaient que je finirais toujours par trouver une excuse, et moi je savais qu'elles m'inviteraient malgré tout.

Lorsque arriva le jour de ma première rentrée des classes, ce fut l'une de leurs filles qui m'accompagna jusqu'à l'école et s'occupa de mon inscription. Je revois encore son sourire rassurant lorsqu'elle me prit par la main. Tout me semblait immense : la cour, les classes, les élèves. Mais sa présence suffisait à chasser mes inquiétudes.

Grâce à elle, je franchis le portail avec confiance. Aujourd'hui encore, lorsque je repense à cette journée, ce n'est pas l'école qui me revient d'abord en mémoire. C'est cette main tendue. Cette main fraternelle qui guidait un petit garçon vers une nouvelle étape de sa vie.

Cette famille, par sa générosité, sa présence et son affection, a illuminé les plus belles années de mon enfance. Elle m'a appris que la richesse d'un village ne se mesure ni à ses maisons ni à ses terres, mais aux femmes et aux hommes qui savent ouvrir leur porte, partager leur pain et accueillir l'autre comme un frère.

Puis les années ont passé, implacables.

Sans que nous nous en apercevions vraiment, elles ont emporté avec elles les voix, les rires et cette animation permanente qui faisaient battre le cœur de notre immeuble. Autrefois, il résonnait des appels lancés d'un balcon à l'autre, des courses effrénées des enfants dans les escaliers, des portes qui s'ouvraient sans prévenir et des voisins qui entraient les uns chez les autres comme on entre dans sa propre maison.

Aujourd'hui, il ne reste que le silence.

Un silence qui semble avoir pris possession des lieux, comme si les murs eux-mêmes gardaient la mémoire de ceux qui les ont habités. Les anciens, ces piliers de notre petite communauté, sont partis les uns après les autres.

Ammi Larbi, cet homme de cœur qui incarnait la générosité, la solidarité et le sens du partage, nous a quittés. Sa femme, Lalla Tassadit, cette présence maternelle dont le sourire illuminait le palier, a fermé les yeux à son tour, laissant derrière elle une maison où la chaleur humaine semblait s'être éteinte avec elle.

Puis d'autres visages familiers ont disparu. Hocine Oularbi n'est plus. Meziane Daikhi non plus. Saïd… Abbès…Samir Ouali…Lalla Fatoum…Lalla Aldjia…Les noms reviennent dans ma mémoire comme les pages d'un vieil album de famille que l'on feuillette avec émotion.

Chaque nom évoque un visage. Chaque visage raconte une histoire. Chaque histoire emporte avec elle une partie de notre enfance.

Je me surprends parfois à murmurer leurs noms, comme pour m'assurer qu'ils ne disparaîtront jamais tout à fait tant que quelqu'un continuera de se souvenir d'eux.

Et je me prends souvent à poser les mêmes questions. Où est Hakim ? Où est Kamel Belaïd ? Où est Silhadi Si Smaïl ?

La vie nous disperse sans bruit. Elle éloigne les uns, rassemble les autres, puis finit toujours par nous séparer.

Je repense souvent à la boulangerie de Dda Abu. C'était bien plus qu'une simple boulangerie. C'était un lieu de rencontre. Un petit carrefour de la mémoire.

À son entrée, les anciens avaient pris l'habitude de s'asseoir au soleil. Ils échangeaient les nouvelles du village, évoquaient les mariages, les naissances, les départs et les retours au bled. On y parlait autant que l'on y achetait du pain.

Aujourd'hui, ces bancs sont vides. Le silence y a remplacé les conversations. Quant à leurs enfants, cette génération qui nous a vus grandir, elle s'est envolée vers d'autres horizons. La vie les a conduits vers d'autres villes, parfois jusqu'à d'autres pays. Ils y ont construit leur famille, leur carrière, leur avenir. D'autres sont restés fidèles à leurs racines, veillant encore sur l'héritage de leurs parents.

Et puis il y a ceux que le quotidien retient loin d'ici. Ils reviennent parfois, le temps d'un enterrement, d'un mariage ou de quelques jours de vacances. Ils traversent les lieux de leur enfance avec émotion, comme on feuillette un vieux livre dont chaque page fait renaître un souvenir.

Lorsque je passe aujourd'hui devant notre immeuble, j'ai toujours l'impression que le temps s'y est arrêté. Il est toujours debout. Fier. Robuste. Mais il ne respire plus comme autrefois.

Il a vieilli, lui aussi. Les volets, jadis entrouverts du matin jusqu'au soir, restent désormais fermés. Les portes, qui ne cessaient de s'ouvrir pour accueillir un voisin, un parent ou un ami, sont devenues silencieuses. Les escaliers, autrefois envahis par les cris des enfants, résonnent maintenant d'un vide presque douloureux.

Et pourtant...Il suffit que je m'arrête quelques instants pour que le passé revienne. Comme un film projeté sur les murs. Je revois les femmes préparer le repas de bienvenue. Je revois les enfants jouer au pied de l'immeuble. J'entends les voisins discuter sur le palier.

Les odeurs de cuisine semblent remonter jusqu'à moi. Les rires éclatent de nouveau. Pendant quelques secondes, tout redevient vivant.

Puis l'image s'efface. Le silence reprend sa place. Te souviens-tu, Krimo ? Et toi, Salah ? Cherif...Salim... Ghano...Mouloud...Mohand...Zine Eddine...Vous souvenez-vous de ces journées qui nous semblaient éternelles ?

Il me semble entendre encore la voix d'Ammi Larbi appelant quelqu'un depuis son balcon.

Parfois, je ferme même les yeux pour prolonger cette illusion. Mais lorsque je les rouvre, il ne reste que le présent. Et le présent est souvent bien silencieux.

Il m'arrive alors de sentir le poids de la nostalgie peser sur mes épaules. Je me demande ce que sont devenus tous ceux qui ont grandi dans cet immeuble.

Éprouvent-ils, eux aussi, cette même émotion en revenant ici ? Leurs souvenirs surgissent-ils, comme les miens, au détour d'un escalier, d'une fenêtre ou d'une simple odeur de pain chaud ? Se rappellent-ils nos jeux d'enfants ? Nos repas partagés ?

Nos soirées d'été passées à observer la rue depuis les balcons ? Le cinéma en plein air, installé juste en face, dans la caserne ?

Et que sont devenues ces jeunes filles du quartier qui ont bercé mon enfance et accompagné mes premiers pas vers l'école ?

Ont-elles seulement conscience de la place qu'elles occupent encore dans la mémoire de ce petit garçon qu'elles protégeaient avec tant de tendresse ?

Le temps accomplit inlassablement son œuvre. Il transforme les maisons. Il blanchit les cheveux. Il efface les voix.

Mais il est une chose contre laquelle il demeure impuissant : les souvenirs que le cœur refuse d'abandonner.

Notre immeuble est devenu un témoin silencieux d'une époque révolue. Pour d'autres, ce n'est peut-être qu'un bâtiment parmi tant d'autres.

Pour moi, il restera toujours la maison où j'ai appris ce que signifient la fraternité, le respect, la solidarité et l'hospitalité. Chaque pierre, chaque fenêtre, chaque marche d'escalier garde une part de mon enfance.

Et tant que je pourrai raconter ces souvenirs, ceux qui y ont vécu continueront, eux aussi, à vivre un peu.

À chacun d'entre vous, je dis simplement merci. Car les maisons finissent toujours par vieillir. Les hommes aussi. Mais l'amour que l'on reçoit dans son enfance ne meurt jamais.

Il devient cette lumière discrète qui nous accompagne jusqu'au bout du chemin.

N.B. : J'ai évoqué les habitants de mon village ; que ceux que je n'ai pas cités veuillent bien m'en excuser. L'oubli n'est jamais celui du cœur, seulement celui de la mémoire.

Février 2025

Lyazid Ouali, la mémoire vivante.

souvenirs d'enfance -Guenzet-Ith Yaala-village kabyle-Ghermoul-mémoire



jeudi 9 juillet 2026

Mohand Arezki et Farid

       Mohand Arezki 

            et Farid,

l’été où Hammam Guergour faillit avaler l’orgueil d’un jeune de Guenzet

Par une chaleur écrasante à Guenzet, une bande de jeunes part se rafraîchir à Hammam Guergour. Entre Farid, nageur agile, et Arezki, fier mais incapable de nager, une aventure drôle et inoubliable transforme une simple baignade en légende de village.

 

Cet été-là, à Guenzet, la chaleur était si écrasante que même les pierres semblaient respirer difficilement. Le soleil tombait sur les ruelles comme une enclume brûlante. Les vieux cherchaient l’ombre sous les figuiers, les chiens haletaient à l’entrée des maisons, et les jeunes, eux, ne rêvaient que d’une chose : fuir cette fournaise.

Alors, comme le faisaient tant de garçons du village durant les grandes vacances, une bande d’amis décida de descendre vers la rivière de Hammam Guergour pour se rafraîchir. Dans le groupe se trouvaient deux personnages que tout opposait.

Farid Bouchemla, le citadin vif et débrouillard, avait cette aisance naturelle des garçons qui avaient grandi entre piscines, voyages et vacances d’été. Mince, rapide, toujours souriant, il nageait comme un poisson né dans l’eau.

Et puis il y avait Mohand Arezki Yahi, dit Waki.

Arezki était de ceux qui entraient quelque part avec une confiance immense, comme si le monde entier lui appartenait.

Grand, fier, le torse toujours bombé, il parlait fort, riait fort et voulait surtout paraître plus courageux que tout le monde. Son orgueil était aussi vaste que les montagnes d’Ith Yaala.

Lorsque les jeunes arrivèrent près de la rivière, Farid ne perdit pas une seconde. Avec une rapidité étonnante, il enfila son maillot, prit son élan et plongea dans l’eau fraîche avec l’élégance d’un dauphin.

Le soleil se reflétait sur l’eau pendant qu’il nageait avec une facilité déconcertante.

— « Regarde-le ! On dirait un champion olympique ! » lança l’un des garçons.

Les autres riaient, impressionnés.

Pendant ce temps, Arezki observait la scène les bras croisés. Le problème, c’est qu’il ne savait absolument pas nager.

Mais comment avouer cela devant toute la bande ? Impossible.

Alors, fidèle à lui-même, il bomba encore plus le torse et lança d’un ton défiant :

— « Moi aussi je peux faire ça ! »

Il fit quelques mouvements ridicules avec les bras, comme s’il se préparait à traverser l’océan Atlantique. Puis il montra ses muscles sous les éclats de rire des autres.

Dans sa tête, il devait déjà s’imaginer ressortir de l’eau en héros. Mais la rivière, elle, ne connaissait ni l’orgueil ni le cinéma.

Arezki prit son élan et sauta. Le plongeon fut catastrophique. Au lieu de glisser dans l’eau avec élégance, il s’écrasa comme un sac de pommes de terre jeté du haut d’un camion. Une énorme gerbe d’eau éclaboussa les jeunes.

Pendant quelques secondes, plus rien.

Puis soudain, Arezki réapparut en battant les bras dans tous les sens.

— « Aaaah ! »

Il avalait l’eau à grandes gorgées, se débattait maladroitement et coulait comme une pierre. Ses yeux étaient remplis de panique.

Les jeunes, pétrifiés, comprirent immédiatement que ce n’était plus une plaisanterie.

Farid réagit sans réfléchir. Il plongea aussitôt, nagea jusqu’à Arezki et l’attrapa fermement avant de le tirer vers la rive.

Essoufflés et tremblants, les garçons aidèrent à sortir le malheureux de l’eau.

Arezki resta allongé quelques instants sur les galets brûlants, crachant de l’eau et respirant difficilement.

Puis, lentement, il ouvrit les yeux.

Tout le monde attendait ses premiers mots dans un silence lourd.

Et fidèle à lui-même, encore à moitié sonné mais toujours aussi fier, il murmura :

— « Si quelqu’un raconte cette histoire… je le tabasse ! »

Un immense éclat de rire explosa aussitôt sur la rive.

Mais à Guenzet, les nouvelles voyagent plus vite que le vent dans les montagnes. Avant même que le bus ne les ramène au village, l’histoire avait déjà pris des proportions gigantesques.

À leur descente, un homme du coin interpella Arezki avec un sourire moqueur :

— « Alors Waki… aujourd’hui tu as bu la tasse jusqu’à la lie ?! »

Toute la place éclata de rire.

Et pendant des années encore, cette aventure resta l’une des anecdotes les plus racontées du village, entre éclats de rire, nostalgie et affection. Parce qu’au fond, les villages vivent aussi grâce à ces histoires simples, drôles et profondément humaines qui traversent les générations.

Avant de vouloir impressionner la galerie, mieux vaut apprendre à nager.

Lyazid Ouali, Guenzet la mémoire vivante.  Août 2024

Guenzet, Hammam Guergour, Lyazid Ouali, Arezki Yahi, Farid Bouchemla, village kabyle, souvenirs d’été, humour kabyle,

                                                 
À la mémoire de Mohand Arezki Yahi dit Waki, et un grand bonjour à Farid Bouchemla.


jeudi 11 juin 2026

Makhlouf Mohand Ameziane-


Le dernier tour de garde du Professeur Mohand Ameziane.


Après quarante-cinq années consacrées à la médecine et à la réanimation gynéco obstétrique à l'hôpital Mustapha d'Alger, le Professeur Makhlouf Mohand Ameziane prend sa retraite. Retour émouvant sur le parcours exceptionnel d'un homme qui a marqué des générations de soignants et de patients.



Le premier avril 2026, une page importante de la médecine algérienne s'est tournée discrètement, mais avec une profonde émotion. 

Après quarante-cinq années de loyaux et inlassables services, le professeur émérite Makhlouf Mohand Ameziane, chef du service de réanimation gynéco obstétrique à l'hôpital Mustapha d'Alger, a officiellement pris sa retraite.

Cette fois-ci, ce n'était pas un poisson d'avril. La date, qui prête habituellement à la plaisanterie, marquait au contraire une réalité bien tangible : celle du départ d'un homme qui a consacré l'essentiel de sa vie au soulagement de la souffrance humaine, à la transmission du savoir et à la sauvegarde de milliers de vies.

Durant près d'un demi-siècle, le professeur Mohand Ameziane a traversé les couloirs de l'hôpital Mustapha avec la même rigueur, la même humilité et le même sens du devoir.

Des générations de médecins, de sages-femmes, d'infirmiers et d'étudiants ont appris à ses côtés. Beaucoup gardent le souvenir d'un maître exigeant mais juste, d'un homme d'une grande humanité dont la porte demeurait toujours ouverte à ceux qui cherchaient un conseil, un enseignement ou simplement une parole rassurante.

Pour saluer son immense parcours, l'ensemble du personnel du service de gynécologie lui a rendu un hommage chaleureux, empreint d'empathie et d'affection.

Ce fut un moment de sincère reconnaissance, où les souvenirs se mêlaient aux sourires et aux larmes discrètes. Chacun avait conscience d'assister à la fin d'une époque, celle d'une présence rassurante devenue, au fil des années, un repère incontournable du service.


Au-delà du médecin respecté, c'est aussi l'homme que beaucoup ont voulu honorer : l'époux de Ouardia Ouali, le fils du regretté Lahcéne Makhlouf et de Aïcha Ramdani, le frère du défunt Abdellah, ainsi que de Zineb, Farida et Naïma. Le père de Tahar,Nabil et Yasmine.

Un homme profondément attaché aux siens, dont les valeurs de droiture, de discrétion et de générosité ont accompagné toute la carrière.


Le temps de la retraite est désormais venu. Le rythme effréné des gardes et des urgences laisse place à des matins plus paisibles, aux retrouvailles familiales, aux souvenirs accumulés au fil des décennies et à ce repos si mérité.

À vous, Professeur Mohand Ameziane, nous adressons notre profonde gratitude et notre immense respect. Merci pour votre dévouement exemplaire, pour votre science mise au service des autres et pour l'empreinte indélébile que vous laissez dans le cœur de tous ceux qui ont eu le privilège de croiser votre chemin.

Nous vous souhaitons une longue vie, entouré de l'affection des vôtres, une retraite sereine et heureuse, riche des joies simples que des années de sacrifice vous ont parfois empêchées de savourer pleinement.


Bon vent, Professeur. Les portes de l'hôpital se referment derrière vous, mais votre nom, lui, continuera longtemps à résonner dans la mémoire de celles et ceux qui vous sont proches et ceux que vous avez soignés, guidés et inspirés.


Lyazid Ouali, mémoire vivante de Guenzet.


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jeudi 4 juin 2026

Renaissance de la fontaine de Guenzet.

                La renaissance de la fontaine de Guenzet :

                 Quand un village redonne vie à sa mémoire
 

À Guenzet, une ancienne fontaine datant de l’époque coloniale renaît grâce à la détermination des habitants, du maire H’mimi Saadat et d’un jeune sourcier du village. Une histoire émouvante de patrimoine, d’unité et de résilience collective.

 

Au cœur de Guenzet, entre la mosquée Mosquée El Qods et l’ancienne mairie, se dresse une fontaine qui appartient autant à la pierre qu’à la mémoire des habitants.

Pendant des décennies, cette fontaine, héritée de l’époque coloniale française, avait été le témoin silencieux de la vie du village.
Les anciens s’y retrouvaient autrefois pour discuter à l’ombre, les femmes venaient y remplir leurs cruches, et les enfants jouaient autour de son eau claire qui coulait sans interruption.

Puis, avec le temps, la source finit par se tarir. La fontaine devint alors un monument figé, un vestige du passé dont il ne restait que le murmure des souvenirs.
Son bassin vide semblait raconter à lui seul l’abandon progressif d’une partie du patrimoine de Guenzet.

Mais l’histoire ne devait pas s’arrêter là.

Car dans ce village accroché aux montagnes d’Ith Yaala, certains refusent d’abandonner ce qui fait l’âme de leur terre.

La renaissance de cette fontaine est née de la volonté et de l’attachement profond d’un enfant du village à son patrimoine.
À la tête de cette initiative se trouvait H’mimi Saadat, fils d’Amar Uchergui et premier magistrat de la commune de Guenzet.

Animé par la conviction que l’histoire d’un peuple se préserve aussi à travers ses sources, ses pierres et ses lieux de rencontre, il entreprit de redonner vie à cette fontaine oubliée. La tâche semblait pourtant impossible.

La source originelle se trouvait en contrebas de la grande fontaine d’Ighzer n’Talla, le « ravin de la fontaine », un endroit envahi par le maquis, les ronces et les broussailles épaisses.
Avec le temps, la nature avait repris ses droits, dissimulant totalement l’origine de l’eau.

Des moyens importants furent mobilisés. Des engins creusèrent le terrain, des camions furent déployés, et plusieurs tentatives furent menées pour retrouver la trace de la source disparue.
Mais malgré tous les efforts techniques, rien n’y faisait.

La montagne gardait son secret.

C’est alors qu’intervint un jeune sourcier du village, héritier d’un savoir ancestral transmis de génération en génération.
Avec patience, intuition et expérience, il parcourut les lieux muni de ses méthodes traditionnelles, à l’écoute des signes invisibles que seule la terre sait révéler.

Et contre toute attente, la source fut enfin localisée.

Ce moment fut vécu comme une véritable victoire collective. L’eau fut ensuite suivie minutieusement à travers les champs, les sentiers et les ruelles jusqu’à Ighil Larbaâ.
Le travail de restauration demanda précision, endurance et coopération entre les habitants.

Jour après jour, la vieille fontaine reprit vie.

Puis un matin, l’eau recommença enfin à couler.

Une eau limpide, fraîche et cristalline jaillit de nouveau dans le bassin, sous les regards émerveillés des habitants.
Ce jour-là, ce n’était pas seulement une fontaine qui renaissait, mais une part entière de l’âme de Guenzet.

Les anciens retrouvèrent un lieu chargé de souvenirs. Les enfants découvrirent à leur tour ce patrimoine vivant que leurs parents avaient connu avant eux.

Cette renaissance symbolisa bien davantage qu’un simple projet hydraulique.

Elle prouva que la modernité peut marcher main dans la main avec les traditions. Elle rappela surtout que lorsqu’une communauté reste unie autour de son histoire et de son identité, elle peut accomplir ce qui semblait irréalisable.

Avec la mise en service du barrage de Barrage de Tichy Haf, un nouvel espoir souffle désormais sur le village.
Les visages des habitants reflètent aujourd’hui un sentiment de sérénité et de fierté retrouvée.

Guenzet avance désormais vers l’avenir sans tourner le dos à son passé.

Et dans le murmure continu de cette fontaine retrouvée, c’est toute la mémoire d’un village qui continue de couler.

Lyazid Ouali — 08 juin 2024

Lyazid Ouali, guenzet la mémoire vivante.

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Le maire et moi



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