mercredi 8 avril 2026

La vieille et la terre

 

           La vieille et la terre,

ces femmes qui portent la mémoire du village kabyle.


Il est des hommes et des femmes que la mort n’emporte jamais vraiment.
Ils continuent de respirer en nous, de marcher dans nos mémoires, de murmurer dans nos silences.
Ils vivent, infiniment, à travers les cœurs qu’ils ont marqués.

Et lorsque les hommes s’éloignent, ce sont les femmes qui demeurent, immobiles et dignes, aux seuils des portes — gardiennes du temps, veillant sur ce qui reste, et sur ce qui ne meurt pas. 

�� Aperçu :

De son vivant, le maquisard avait acquis et travaillé avec amour le « rocher », une terre entre ciel et mer.
À sa mort, elle fut abandonnée et délaissée par les enfants.
Sa femme, comme toutes les mères, était profondément attachée à la terre.
Gardiennes des traditions ancestrales, elles étaient le fil conducteur reliant les générations.
Conservatrices, se dressant en rempart contre un patrimoine en péril.
C’est le combat entre une mère et ses fils, entre hier et aujourd’hui,
un conflit de deux générations :
celle qui ne veut plus des traditions, et celle qui y tient jalousement.

�� Pourquoi lire ce livre ?

· Pour retrouver une part de notre mémoire

· Pour découvrir des histoires vraies et touchantes

· Pour plonger dans un univers authentique et humain


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Merci de respecter le travail d’écriture.


 Un mot de l’auteur

Ce livre n’est pas seulement un récit.
C’est une tentative de retenir ce que le temps emporte. 
Si ces pages vous touchent, alors elles auront trouvé leur place.

— Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.     

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mardi 7 avril 2026

"Thala n'tquitount"

                     "Thala n’tquitount" 

                                 La petite source follette, le mythe d'un village.



"À Guenzet, chaque coin raconte une histoire. Dans cet article, je vous emmène à la rencontre de la source n'tiquitount, une partie  du village, dont l'histoire incarne la mémoire, le mythe et l’âme de toute une communauté".


Thala n’Tquitount d’Aghdan Salah prend sa source dans le village voisin de Thamast. Les habitants des deux villages se partageaient équitablement cette denrée depuis le Plan de Constantine. Elle fut construite et restaurée par le célèbre maçon de Guenzet, Hafri Mohand Arezki. 

Après l’indépendance, lorsque le débit de la fontaine devenait de plus en plus insuffisant, les habitants se rendirent chez le maire pour lui demander de trouver une solution à leur problème d’eau. 
C’est alors que le maire fit appel à l’expérience et au génie de Dda Arezki Uhafi. Celui-ci, en homme de métier et de terrain, ne tarda pas à résoudre le problème. 
Scrupuleux et méthodique, il entama d’abord son travail en réalisant une étude préalable du terrain. Puis, avec l’aide de la population, il entreprit de nettoyer, débroussailler, sarcler, déblayer et terrasser jusqu’à atteindre la couche imperméable du sol sur tout le périmètre de la source. 
Vint ensuite l’étape du captage de la source, suivie de la réalisation d’une dalle en béton afin d’éviter que la source ne se transforme en bourbier. 
Thala n’Tquitount renaquit ainsi de ses cendres, devenant miraculeusement plus vive et abondante. 

Les eaux de la fontaine irriguaient alors les vergers et les jardins des quartiers Ahmadhane, Thifraghine, Aghdan Wadda. 
C’est là que l’histoire de Thala n’Tquitount prit toute son importance, car chacune des deux populations revendiquait la paternité de la source. Et comme disait l’autre : 
« Rien de grand ne se fait sans une certaine abondance, rien de grand ne se fait que par une certaine pauvreté. » Va comprendre quelque chose à la vie humaine… 

C’est la pauvreté qui surabonde en grandeur ! Là où l’on s’attendait à une vie paisible, harmonieuse et aisée, c’est tout le contraire qui se produisit. 
Les hommes, regagnés par leur instinct primaire, invoquèrent la force et s’entretuèrent à coups de hache et de sabre pendant des jours ! Jusqu’à ce qu’épuisés par tant de bestialité — ou par la grâce de certaines têtes pensantes — ils invoquèrent alors l’esprit de la source : esprit follet, esprit malin, esprit démoniaque, qui se serait accaparé la fontaine n’Tquitount. 

Désormais, la légende racontait que Thala n’Tquitount possédait un pouvoir maléfique, et que tout homme qui s’en servait perdait la raison. Et les exemples à Aghdan Salah sont légion : Si Smaïel, G3, Dda Chifi Ukharvuch… Depuis, le mythe s’est répandu jusqu’à aujourd’hui. 

in/Les feuilles d'automne.

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.
👉 /Thala n'tiquitount-guenzet-village-kabyle#

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lundi 6 avril 2026

Les gardiens de la placette.

 

📚 Mes livres: Les gardiens de la placette.

Il existe des histoires que l’on lit… et d’autres que l’on ressent profondément.
À travers mes écrits, j’ai choisi de préserver la mémoire de celles et ceux qui ont façonné notre village.


📖 Les gardiens de la placette

Un récit authentique, inspiré de la réalité et de la mémoire collective.
Ce livre donne vie à des personnages vrais, porteurs d’histoires souvent oubliées, mais profondément ancrées dans notre identité.

🔎 Aperçu :

Imaginons un instant cette scène saisissante, presque irréelle, au cœur vibrant de Guenzet, un jour de marché.

Le soleil baigne la place d’une lumière dorée,les étals débordent de légumes frais et de
tissus chatoyants. Les odeurs mêlées de menthe, de pain chaud et de terre humide
enveloppent les passants. Les voix s’entremêlent, les salutations fusent, et soudain, le temps semble vaciller.
Là, au milieu de la foule bigarrée, un cercle se forme. Des visages familiers surgissent, des figures marquantes du village, autrefois parties, aujourd’hui revenues, non pas en
chair et en os, mais dans l’intensité d’un souvenir, dans la magie d’une lecture partagée.
Leur présence devient presque tangible, comme une brume douce remontée du passé.
Et puis, un chant s’élève doucement, comme un souffle venu de loin, puis gagne en
intensité, enveloppant le marché de sa résonance sacrée. 
C’est Dda Bouhou Ihachawen, le muezzin du village, dont la voix grave et rocailleuse fend l’air du matin comme une caresse rugueuse.Les gardiens de la placette Depuis le minaret sobre de la mosquée Laaraf, son appel à la prière se déploie au-dessus des
toits en tuiles rouges et des figuiers séculaires.
Cette voix-là, les pierres du village la reconnaissent. Elle porte en elle les années
passées, les saisons écoulées. Un écho familier, presque organique, qui vibre dans les
murs, glisse sur les jarres d’eau, et vient se mêler aux tintements des casseroles en cuivre chez les marchands d’ustensiles.
Les enfants suspendent leur course un instant. Les ânes s’immobilisent, comme saisis par ce moment suspendu. Même les clameurs du souk semblent se plier respectueusement à cette voix, avant de reprendre leur tumulte dans une danse rituelle.
Les anciens, assis à l’ombre, murmurent :

-«Quand Dda Bouhou appelle, même le vent écoute.»

Et tout cela se déroulait sous l’égide imposante du cheikh El Khier, l’imam dont la
seule présence suffisait à faire taire les bavardages et à redresser les postures.
Sa rigueur, innée et sans fior itures, s’imposait avec la netteté d’un couperet, tranchant les dilemmes du quotidien avec une autorité tranquille mais indiscutable. 
Inflexible dans ses décisions, il agissait sans détour, comme si chaque jugement portait le poids des siècles de tradition.
Nous, les enfants, évitions autant son regard que ses sermons, comme s’il lisait nos
espiègleries dans les plis de nos pantalons usés.
Les adultes eux-mêmes, pourtant aguerris et fiers, pliaient devant lui avec un respect
presque sacré, mélange de crainte et de reconnaissance envers celui qui incarnait la
droiture au cœur du village.
Et juste à côté du marché, un peu plus loin, un autre son singulier dominait la cacophonie vivante du souk : le martèlement rythmique venu de la forge d’El Khier Uchergui.
Chaque coup de marteau sur l’enclume résonnait comme un clairon improvisé,
s’échappant des murs de pierre noire pour venir s’enrouler autour des étals.
Ce bruit ne sonnait pas l’heure. Il battait le pouls du village, comme si El Khier lui-même
réglait la cadence du jour. Les anciens le disaient :

« Quand la forge s’arrête, tout semble suspendu. »

À ce grondement métallique s’ajoutait un braiement soudain, celui d’un âne mal luné,
surgissant comme une note dissonante dans cette partition kabyle. Un autre lui répondait depuis l’enclos, suivi d’un troisième près de l’olivier.
Peu à peu, leurs complaintes gutturales formaient une étrange symphonie, un chant rustique et presque irréel : une musique que seul Lota n’Souk savait orchestrer.
Et dans ce tumulte où l’acier chante avec les sabots, le sol commence à trembler.
Mais ce n’est pas la forge.
C’est l’arrivée de Biri Ammar et de ses compagnons, une déferlante sonore au cœur
d’un village déjà ivre de vie.Les gardiens de la placette Ce matin-là, ils vibraient d’une énergie inhabituelle : l’équipe de football de la commune faisait son entrée théâtrale dans le marché.
Les premiers pas résonnaient sous les sandales poussiéreuses de Biri Ammar et de
Louati, fiers meneurs drapés dans leurs survêtements aux couleurs de la commune.
Derrière eux, telle une garde d’honneur au sourire éclatant, marchaient Rachid Ouali,
Waki nith Ammar, et le tonitruant Makhlouf Makhlouf, dont les moqueries en kabyle fusent déjà contre les vendeuses de figues trop chères. 
Les autres les suivaient, claquant des mains et faisant danser les rumeurs.
Et derrière cette marée joyeuse, presque collés aux talons des éclaireurs, surgissaient les renforts, tout aussi effervescents. Le gardien des buts, Khaled Kerma, fidèle au poste, courait avec un sérieux touchant, le regard déjà en quête d’un ballon qui n’existait pas encore...............

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante


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Feuilles d'automne

 

Feuilles d'automne,  Guenzet : chronique des anciens et transmission orale.                                         

📚 Mes livres

Il existe des histoires que l’on lit… et d’autres que l’on ressent profondément.
À travers mes écrits, j’ai choisi de préserver la mémoire de celles et ceux qui ont façonné notre village.


LES FEUILLES D'AUTOMNE 

Un récit authentique, inspiré de la réalité et de la mémoire collective.

Ce livre donne vie à des personnages vrais, porteurs d’histoires souvent oubliées, mais profondément ancrées dans notre identité.

🔎 Aperçu :

                               Dda Kassa Uabbas, Belkacem Abbés

                                       Le vieux chêne.

"Aux dernières nouvelles, et d’après son petit fils, Dda Kassa a travaillé à Paris, chez CABLAF.Il est né le 19 mars 1903 et décédé en novembre 1978. Il était le fils de Bachir et de Baaziz Taous."

Il n’est pas venu à la prière du matin, ni à celle de la mi-journée. Ses amis, alors, s’inquiétèrent un peu plus. 
Et, contre toute attente, ils décidèrent de se donner du répit jusqu’à la prière du coucher.
Peut-être, se disaient-ils, ce n’est qu’une fatigue passagère, comme il en arrive à tous
les vieux.
Lui, qui ne manquait presque aucune prière commune avec les fidèles à la mosquée
Laaraf. Voilà maintenant une trentaine d’années qu’il avait pris sa retraite forcée.
Il avait alors décidé de son retour définitif dans son village natal, pour mourir parmi les siens.
Il était comme tous ces nombreux paysans qui avaient traversé la mer pour aller gratter encore les champs, ou pour arracher du combustible dans les mines de charbon d’Alsace-Lorraine, particulièrement en Moselle.
Comme tous ses semblables, il représentait une main-d’œuvre bon marché : docile,
obéissante, jeune et robuste.
Ces mineurs, aux visages imberbes, promettaient à leur femme et à leurs enfants
qu’ils allaient en France juste pour gagner un peu d’argent, puis rentrer !
Mais ils y restèrent presque indéfiniment.
Déjà en 1914, on ne dénombrait pas moins de mille cinq cents (1 500) Kabyles employés dans les mines du Nord-Pas-de-Calais, chiffre qui atteindra vingt-trois mille (23 000) en 1962.

Livrés à eux-mêmes, majoritairement analphabètes et célibataires, Ils découvrirent un environnement tout à fait différent du leur. Contraints de s’adapter, ils se regroupèrent en petites communautés, selon le village ou le hameau, afin de recevoir des nouvelles de leurs proches. Ils habitaient, le plus souvent, des cafés-hôtels tenus par des compatriotes.
Au rez-de-chaussée, des cafés maures contribuaient à maintenir les liens sociaux.
À l’étage, des logements assez exigus, généralement constitués d’une seule pièce
sans aucun confort, où s’entassaient plusieurs personnes.
Des logements qu’on appelait autrefois corons. 
Ce n’est que plus tard que les patrons firent construire des cités ouvrières, afin de fidéliser leur main-d’œuvre.
Les gueules noires arboraient toutes un visage dont les yeux étaient cernés par la suie.
Ils portaient une lampe de sécurité à tamis nu, du type « Davy », ou à cuirasse.
Leur tenue de travail, confectionnée dans un épais drap de lin blanc brut, était appelée JUPON, un tissu peu coûteux mais très résistant.
Chaussés d’espadrilles en corde, sans protection réelle pour ce métier dangereux, ils
portaient ce qui était courant à l’époque.
Les galibots — ces enfants apprentis mineurs —, quant à eux, étaient pieds nus. Les plus chanceux portaient des sabots de bois !
Les conditions de travail des mineurs de fond étaient exécrables, voire innommables.
Ils travaillaient six jours sur sept, de douze à seize heures par jour, à des profondeurs allant de trois cents (300) à mille mètres (1 000).
Dans une atmosphère poussiéreuse et sous une température variant entre vingt et
cinquante degrés.
C’était un univers à part, une profession indépendante de la lumière du jour ou des
saisons : on y travaillait tout le temps.
Le bruit était permanent,l’insécurité omniprésente : chute de pièces, machines qui
cassaient, risques de coups de grisou, d’inondations ou d’éboulements. La Faucheuse planait.
Abbés Belkacem, Dda Kassa (Belkacem), se donnait un plaisir à nous raconter, en détail, le quotidien des mineurs : une vie dure et dangereuse.
C’était comme s’il voulait nous faire sentir la misère dans laquelle il pataugeait, lui, les siens, et les ouvriers de la mine. Partager, c’était aussi s’alléger du lourd
fardeau qui pesait sur lui.
— « On ne mangeait guère à notre faim.........

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.

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— Lyazid Ouali, Guenzet, mémoire

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Farouk Brahimi


                        Farouk Brahimi.

"Portrait de Farouk brahimi , figure emblématique de Guenzet. Un récit poignant sur la mémoire, les traditions et les hommes qui font vivre les villages kabyles."

La nouvelle tomba, lourde et douloureuse, en ce jour nuageux où le ciel semblait partager notre chagrin : notre ami et frère Brahimi Farouk nous a quittés subitement.

Son départ a profondément bouleversé tous ceux qui l’ont connu, tant il incarnait la bonté, la simplicité et l’attachement aux siens.

Farouk était le frère du défunt Nadir, parti lui aussi il y a peu, laissant déjà un grand vide derrière lui. Il était également le frère de deux sœurs : la défunte Ouadda, épouse du regretté Bahmed Mouloud, et Zahia, aujourd’hui durement éprouvée par la perte d’un autre être cher.
Issu d’une famille respectée et aimée de tous, Farouk était le fils de Déloula Bahmed, sœur de Mokrane, une femme reconnue pour sa sagesse et sa bienveillance, et de Mahmoud, homme droit et estimé.


Que Dieu t’accueille en Son vaste Paradis, Farouk, et t’accorde Sa miséricorde infinie.
Tu resteras à jamais vivant dans nos cœurs et nos prières.


09 0COBRE 2025.

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.

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👉 /Farouk Brahimi-guenzet-village-kabyle.


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Idris Abderrahmane.

                       

Adieu Idris, une icone du village.


"Portrait d'une figure emblématique de Guenzet. Un récit poignant sur la mémoire, les traditions et les hommes qui font vivre les villages kabyles."


Idris Abderrahmane s’en est allé, ce matin, tel une colombe blanche prenant son dernier envol, paisible et silencieux, vers les cieux infinis. Sa disparition a laissé derrière elle un vide doux-amer, semblable à une chanson interrompue avant son dernier couplet.


Fils de Dda Smaïel, il incarnait la modestie et la bonté mêmes : un homme effacé, discret dans ses gestes, mais lumineux par sa présence. Partout où il se trouvait, sa présence résonnait comme un clairon, éveillant la vie autour de lui. Infatigable au travail, il savait unir la simplicité du cœur à la profondeur de l’esprit.


Joyeux compagnon des jours ensoleillés, Idris répandait la bonne humeur comme on sème des graines de sourire. Sa voix résonnait souvent dans les ruelles du village, porteuse de cette chaleur humaine que l’on reconnaît entre mille.


Et puis, un matin, la nouvelle est tombée, légère et lourde à la fois ,Idris n’est plus.
On dit qu’il est parti sans bruit, comme il avait vécu : humblement. Son âme, légère comme la brume qui caresse les collines de son village kabyle, s’est élevée vers sa dernière demeure, laissant derrière elle des souvenirs qui ne faneront jamais.


Ceux qui l’ont connu savent qu’avec lui, c’est un éclat de fraternité et de bonté qui s’est éteint. Mais sa mémoire, telle une lampe bienveillante, continuera à briller doucement au seuil de nos cœurs.
Adieu Idris.


25 octobre 2025.

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.

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👉 /Idris Abderrahmane-guenzet-village-kabyle


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Mohand Saïd Haouza

                     

Adieu, Mohand Saïd. mémoire et dignité d’une vie kabyle


"Portrait d'une figure emblématique de Guenzet. Un récit poignant sur la mémoire, les traditions et les hommes qui font vivre les villages kabyles."

Mohand Saïd Haouza… Le seul fait de prononcer son nom fait remonter un flot de souvenirs.
Fils d’Amar el Hocine, ce médecin de campagne respecté pour son dévouement, et de Saadia el Hocine, arrachée trop tôt à la vie dans un tragique accident près de Bouira. Le frère d’Abderrafik.
Professeur de langue arabe à l’université de Tizi-Ouzou. Mais au-delà des titres, Mohand Saïd était d’abord un homme d’une rare bonté : discret, lettré, toujours mesuré, et d’une compagnie qui apaisait l’âme.
Je me revois encore, enfant, assis sur les dalles fraîches de la djamaa. Les yeux grands ouverts, suspendu à ses lèvres. Avec une patience infinie, il nous transportait au cœur des royaumes de la Berbérie ancienne, évoquant les rois et leurs épopées comme s’il les avait rencontrés lui-même.
Ses récits avaient la chaleur des veillées d’autrefois et la précision d’un érudit.
Et puis il y avait sa voix… Lorsqu’il psalmodiait le Coran, une voix douce, grave, un peu voilée par la nostalgie, c’était comme si les murs eux-mêmes retenaient leur souffle. Chaque verset semblait chargé d’une lumière intérieure.
Avec les années, Mohand Saïd s’était peu à peu retiré dans un monde qui n’appartenait qu’à lui, un monde de silence, de livres et de méditation. Je le croisais parfois, rarement, à Guenzet : toujours discret, presque furtif, comme une ombre bienveillante qui traverse le village sans faire de bruit. Et chaque rencontre me laissait un goût d’inachevé, comme si j’aurais dû m’asseoir, lui parler, l’écouter encore une fois.
J’aurais tant aimé le revoir… Passer des journées entières à absorber sa sagesse, écouter ses histoires, entendre cette voix qui berçait les souvenirs de mon enfance.
Il avait en lui un patrimoine immense, un savoir qui débordait, une mémoire vivante de notre culture.
Avec son départ, c’est toute Guenzet qui perd une encyclopédie humaine, un trésor silencieux.
Ainsi va le temps, implacable et mystérieux. Aujourd’hui, je ne peux que te dire adieu, Mohand Saïd. Que Dieu te bénisse, toi qui as tant donné sans jamais rien demander. Puisse ton âme reposer dans la paix que tu as toujours recherchée.
L.Ouali novembre 2025.

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.


👉 /Mohand Said -guenzet-village-kabyle.

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Les gens qui font mon village

Hadda, la porteuse d'eau

                             HADDA                  (Hadda Ubenathmane)                                         LA PORTEUSE D’EAU Hadda Uben...