mardi 14 avril 2026

le retour des Bâtisseurs.

                le retour des batisseurs, 

     visages et mémoire de Guenzet en Kabylie

" Kimegh d- thmourth telt yam. Mi d-ghalagh, though thiklin.
"Je suis parti au bled, dans les montagnes pour trois jours. À mon retour en ville, je ne sais plus comment marcher !"

Dans Le retour des bâtisseurs, un village renaît grâce à ses enfants revenus reconstruire mémoire, espoir et dignité, entre héritage, solidarité et rêve d’un avenir meilleur.

C’était en 1957. Le village d’Ighdem, autrefois vibrant de vie, fut entièrement détruit par l’armée coloniale.
Ses habitants, déracinés, furent contraints de quitter leurs foyers pour être déplacés vers Guenzet.
Ce lieu,est le témoin des luttes et des espoirs, servait de refuge aux moudjahidines. Lorsque les derniers habitants s’éloignèrent, emportant avec eux leurs souvenirs et l’âme du village, la nature reprit ses droits.
Le silence s’installa, rompu seulement par le bruissement du vent dans les ruines et le passage furtif des bêtes sauvages.
On crut alors qu’Ighdem était perdu à jamais, que seuls quelques murs effondrés et des pierres éparses témoigneraient du passé. Mais, l’histoire d’un village ne s’efface pas si facilement.
Portée par l’amour du pays et le poids des souvenirs, une nouvelle génération de bâtisseurs vit le jour.
Avec abnégation et courage, ils relevèrent les pierres tombées, restaurèrent la mémoire et insufflèrent une seconde vie à ce lieu mythique.
Aujourd’hui, Ighdem renaît de ses cendres. Une stèle a été érigée en hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la patrie.
Une maison a vu le jour, dédiée aux bâtisseurs d’antan, gardiens d’une histoire que le temps n’a pas su effacer.
Et cette terre, jadis meurtrie, est redevenue fertile, transformée en une oasis éclatante de vie, où chaque arbre planté murmure le souvenir des ancêtres.
Ce texte est un hommage à ces hommes et femmes qui, au prix de leur temps, de leur santé, et souvent de leur fortune, ont restauré le passé et préservé le patrimoine.
Ils ont refusé l’oubli, honoré leurs aïeux et redonné à Ighdem sa dignité.
À eux, ces bâtisseurs d’hier et d’aujourd’hui, je rends hommage.
Leur bravoure et leur dévouement sont un exemple à suivre, un flambeau à transmettre aux générations futures.
À Boubkeur, qui a fait d’Ighdem une toile géante, où chaque coin respire la beauté et l’harmonie.
Sous ses doigts habiles et son regard inspiré, il a su donner vie et couleurs à la terre.
Une oasis verte, née de sa patience et de son amour pour ce lieu mythique.
Il a su apprivoiser l’eau, guider ses flux secrets vers les racines assoiffées, et réveiller la fertilité endormie sous le sol aride.
Boubkeur n’a pas seulement embelli Ighdem, il lui a redonné son âme, celle du village de jadis, en harmonie avec la nature, où chaque brise porte l’écho de son labeur silencieux et de sa passion indéfectible.
À Youcef, le militaire, dont l’âme est enracinée dans la terre, incapable de s’en éloigner tant elle fait partie de lui.
Sur la terre de ses ancêtres, dans son beau chalet perché sur le monticule, la rigueur et la discipline du soldat s’imposent.
Chaque pierre, chaque arbre lui est familier, semblable aux lignes d’un livre qu’il relit sans cesse.
Rien au monde ne vaut ce lieu où le temps semble suspendu, où il retrouve les siens, le parfum du pain chaud, la voix des anciens sous l’olivier.
Dans le silence complice de la nuit, il murmure à cette terre qu’il n’a jamais cessé de lui appartenir.
À Hakim, le menuisier d'autrefois, qui a façonné son petit chez-soi en un véritable havre de paix, un refuge à son image.
Il a bâti sa maison pierre par pierre, lentement, avec patience et certitude, là où son cœur lui avait toujours dicté de vivre. Chaque mur, chaque poutre porte l’empreinte de ses mains et l’écho de ses rêves.
Près de la nature, enraciné dans la terre de ses ancêtres, il a trouvé son équilibre, entre le bois qu’il sculpte et la pierre qu’il façonne, entre le silence du matin et le murmure du vent à travers les feuillages.
Ici, tout lui ressemble : simple, solide et empli de cette chaleur discrète que seuls les artisans savent insuffler à ce qu’ils créent.
À Zouaoui, qui a fui l’agitation de la ville pour s’installer au plus près de la nature, là où le silence parle mieux que les mots.
Il a fait de sa bâtisse en plein champ et de la nature une œuvre magistrale dédiée à son père, Dda Bezza, le commerçant ambulant d'Ith Yaala.
Les murs de la demeure racontent une histoire, celle d'un fils qui n’a jamais cessé de dialoguer avec son père, même après son départ.
Zouaoui sait qu’il n’a jamais vraiment quitté celui qu’il chérit tant.
Aux Kerma, Khaled et Khelifa, qui ont repris La Grotte du Léopard, ce lieu chargé de souvenirs, si cher à Dda Ali.
Avec ses oliviers charnus que Dda Ali chérissait plus que les prunelles de ses yeux, l’endroit semblait figé dans le temps.
Khaled et Khelifa savaient qu’ils avaient hérité de plus qu’un simple domaine.
La Grotte du Léopard était un sanctuaire, un témoin des jours anciens, des veillées animées où Dda Ali racontait les légendes, et ses anecdotes.
À Bilal, le flic du village qui ne s'est jamais éloigné de sa terre natale.
Qu'il neige, qu'il vente, il revient toujours vers la mère nourricière.
Avec peu de choses, il investit non pas de l'argent, mais toute son énergie dans deux poulaillers.
Chaque matin, avant même que le soleil ne perce l'horizon, il est déjà debout, arpentant sa petite ferme. Il nourrit ses volailles, veille sur leur santé, répare les enclos et, parfois, s'arrête un instant pour écouter le chant du coq qui résonne à travers les collines.
Ce n'est pas seulement un moyen de subsistance pour lui, mais un retour aux racines, une manière de garder un lien profond avec la terre qui l'a vu naître.
À Lakhder et Ferhat, ceux qui ont repris le flambeau de leur père Khaled, la terre n’est pas une simple possession.
Elle est un héritage, un serment gravé dans leur âme, une promesse murmurée sur le lit de mort de leur père.
Tant qu’ils respireront, Ighdem vivra, et avec lui, les bêtes, les oliviers, et la mémoire de ceux qui l’ont façonné.
Même si leurs pas les portent ailleurs, vers des horizons où le travail les appelle, leur cœur reste ici, dans ces montagnes qui les ont vus grandir.
Chaque fois qu’ils le peuvent, ils reviennent, retrouvant leurs bêtes, foulant la terre de leur enfance, redonnant vie aux sentiers que leur père empruntait autrefois.
Ils connaissent chaque pierre, chaque source, chaque arbre sous lequel Khaled s’asseyait pour contempler le soleil décliner sur la vallée.
Leur père leur a appris que la terre n’appartient pas à l’homme, mais que c’est l’homme qui appartient à la terre.
À Fodil, à l’image de son grand-père Lakhder, le retour à Ighdem n’est pas une simple décision, mais un appel profond, une nécessité ancrée dans son être.
Après des années passées ailleurs, dans le tumulte des villes, il a compris que la vraie vie, celle qui donne un sens à l’existence, était ici, sur cette terre que ses ancêtres ont cultivée avec amour et persévérance.
Comme jadis son grand-père, il se lève à l’aube, sentant sous ses doigts la fraîcheur de la terre qu’il retourne avec patience.
Il ne craint pas l’effort, bien au contraire. Chaque coup de bêche, chaque sillon tracé, chaque graine semée le rapproche un peu plus de ses racines.
Il retrouve dans ces gestes simples une sagesse oubliée, un équilibre que rien d’autre ne pourrait lui offrir.
À Daa, le solitaire qui vit comme un faucon sur les cimes de la montagne, observe le monde d’un regard perçant, détaché des agitations du village en contrebas.
Depuis son refuge perché sur les hauteurs, il contemple les vallées s’étendant à perte de vue, les forêts denses où résonnent les cris des rapaces, et les sentiers escarpés que seuls les plus téméraires osent emprunter.
Il vit en harmonie avec la nature, un homme de peu de mots, dont la silhouette se fond dans le paysage rocailleux.
On le dit fou, dérangé ou même chaman. Mais lui, il se considère simplement comme un homme en quête de silence, un ermite fuyant l’agitation des hommes pour ne converser qu’avec le vent et les étoiles.
Daa ne parle que si le silence le lui ordonne.
À Ramtan, cet enseignant qui a longtemps cru que l’avenir se dessinait loin des montagnes, loin des sentiers rocailleux d’Ighdem, la vie a fini par révéler une vérité qu’il ignorait autrefois.
Il a compris, peut-être tardivement, que la vraie vie était ici, sur cette terre que son père a aimée et préservée avec tant de dévotion.
Pendant des années, il a enseigné ailleurs, transmis le savoir dans des salles de classe, façonné des esprits avec patience et rigueur. Mais chaque retour à Ighdem le ramenait à l’essentiel : la simplicité d’une existence rythmée par la nature, la force silencieuse des montagnes, la chaleur d’un foyer bâti sur des générations d’efforts et de sacrifices.
À vous, enfants d’Ighdem, héritiers d’un passé glorieux et bâtisseurs d’un avenir digne, ce texte est le vôtre.
Vous qui avez refusé l’oubli, qui avez choisi de faire revivre la terre de vos ancêtres, vous êtes la sève qui maintient Ighdem debout, la force silencieuse qui l’empêche de sombrer dans l’abandon.
Dans vos mains, la pierre retrouve son éclat, la terre reprend vie, et les chemins autrefois délaissés s’ouvrent désormais à nouveau sous vos pas.
Mars 2025.

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.

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lundi 13 avril 2026

L'énigme du vieux Père.

                   L’énigme du vieux père,

                  ceux qui font vivre l’âme de Guenzet

Dans L’énigme du vieux père, chaque détail dissimule une sagesse profonde, et au fil des révélations, une vérité longtemps cachée finit par triompher.

Un jour, dans un village de Kabylie, un vieil homme, sentant le poids des années et la fatigue ralentir ses pas, décida de ne plus aller lui-même au souk hebdomadaire. Il appela son fils et lui confia une mission un peu particulière.


— Mon fils, dit-il, cette semaine c’est toi qui iras au marché à ma place. Mais écoute bien : je veux que tu m’achètes quelque chose qui soit bon et beau à la fois. Ni miel, ni melon, ni autre fruit, ni friandise commune… Non, je veux une sorte de sucrerie que tout le monde aimerait avoir.

Le jeune homme, surpris par cette commande étrange, hocha la tête sans oser poser de questions. Pourtant, en partant au marché, il sentait déjà son esprit troublé.

« Qu’est-ce que mon père a bien voulu dire par là ? » se répétait-il sans cesse."

Arrivé au souk, il erra d’un étal à l’autre. Il regardait les fruits juteux, les dattes mielleuses, les pâtisseries dorées, mais aucune ne semblait correspondre à l’énigmatique demande. La matinée passa ainsi, entre hésitation et perplexité. Le jeune homme, accablé, n’osait pas rentrer les mains vides, de peur de décevoir son père.

Fatigué, il alla s’asseoir à l’ombre généreuse d’un figuier. Là, il se mit à réfléchir à la demande paternelle, comme si elle contenait une leçon cachée. Son regard finit par se poser sur une scène toute proche : deux hommes, sans doute cousins, venaient de se retrouver après de longues années de séparation. On entendait leurs exclamations de joie, on voyait leurs embrassades, leurs accolades chaleureuses, les traditionnels « samaleks » et les questions pressées sur la santé des familles.
Bientôt, l’un d’eux entra chez le boucher et en ressortit avec deux kilos de biftecks. Il tendit le paquet à son cousin en disant :

— Tiens, ceci est pour ta mère, elle m’a beaucoup manqué.

L’autre, tout aussi ému, ne voulut pas rester en reste. Il acheta à son tour deux kilos de foie et dit avec un large sourire :

— Ceci est pour ton père, que j’ai toujours beaucoup apprécié.

Assis sous le figuier, le jeune homme observait la scène avec une certaine nostalgie. Et soudain, une idée lumineuse jaillit dans son esprit. Sans attendre, il se leva, entra lui aussi chez le boucher et demanda… une langue de veau.

Lorsqu’il rentra chez lui, il présenta l’étrange achat à son père. Celui-ci, intrigué, fronça les sourcils :

— Mon fils, ce n’est pas ce que je t’ai demandé…

Mais le jeune homme, le regard brillant, répondit avec assurance :

— Au contraire, père. N’y a-t-il pas plus belle et plus douce sucrerie qu’une langue bienveillante ? Une langue qui sait parler avec sagesse, qui adoucit les cœurs, qui crée l’harmonie dans un foyer et répand la paix entre les hommes ?

Le vieux père resta un instant silencieux, surpris par la maturité de son fils. Puis un sourire se dessina sur ses lèvres ridées.

— Eh bien, dit-il, je vois maintenant que tu as compris. Tu peux désormais me remplacer dignement au souk hebdomadaire du village.
La morale:Une parole douce et sage peut nourrir l’âme plus que n’importe quel mets sucré.

Octobre 2025.

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.

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    . Bouznad Mohand Ameziane

/Portrait-guenzet-village-kabyle.

Guenzet,kabyle,memoire




samedi 11 avril 2026

Mohand u Idir


                            Mohand u Idir, 
                    l’homme qui portait le silence de Guenzet

                  

"Il est des hommes dont la présence dépasse les mots. À Guenzet, Mohand u Idir était de ceux-là.
Une silhouette familière, un regard chargé d’histoires, une mémoire vivante du village."
"Portrait de Mohand u Idir, figure emblématique de Guenzet. Un récit poignant sur la mémoire, les traditions et les hommes qui font vivre les villages kabyles."

Ce matin-là, fidèle à une habitude presque rituelle, nous nous retrouvions à la sortie de la mosquée El Qods, juste après la prière de l’aube. 

La nuit s’effaçait à peine, laissant derrière elle une fraîcheur encore vive qui piquait les joues et réveillait les esprits. 

Le ciel, d’un bleu hésitant, s’éclaircissait lentement, tandis que les premières lueurs du jour caressaient les toits du village.


Autour de nous, les hommes échangeaient des salutations simples, mais pleines de chaleur. Les voix étaient basses, respectueuses de ce moment suspendu entre nuit et jour. 

On entendait encore, comme en écho, le murmure des dernières invocations, mêlé au frottement discret des pas sur les pavés légèrement humides. C’était un instant de paix, presque sacré, où le temps semblait ralentir.

C’est alors que surgit Mohand u Idir, fils de Dda Bezza n'quaouéche. Sa démarche trahissait une agitation inhabituelle. 

Son visage, tendu, semblait portait les marques d’une nuit sans repos.

Il s’approcha de moi d’un pas vif, les yeux brillants d’une colère contenue.


— Tu as vu ? lança-t-il sans même prendre le temps de saluer correctement.

Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit !


Je le regardai, surpris par l’intensité de son trouble.


— Pourquoi donc ? demandai-je, intrigué.


Il inspira profondément, comme pour retenir un flot d’indignation qui menaçait de déborder.


— À cause d’un jeune… Un impertinent ! Il s’est moqué de moi ! À mon âge… peux-tu imaginer cela ?


Il marqua une pause, cherchant ses mots, ou peut-être savourant déjà l’effet de son récit sur son auditoire naissant.


— Hier, en plein souk, devant tout le monde… reprit-il, la voix tremblante, ce garçon m’a interpellé… pas par mon nom… non ! Par un sobriquet !


Il ferma les yeux un instant, revivant la scène avec une intensité presque théâtrale, puis lâcha, comme une gifle :


— « Hé, toi, le Rouget ! »


Ses poings se serrèrent, ses épaules se raidirent.


— Comme si je n’avais pas de nom ! Comme si j’étais un étranger dans mon propre village ! Et pourtant… ce jeune me connaît. Il sait très bien qui je suis.


Peu à peu, les hommes se rapprochèrent. Un cercle se forma autour de nous, attiré par la tension de ses paroles. Les regards se croisaient, les têtes se secouaient lentement. 

Chez nous, le respect des anciens n’est pas une simple règle : c’est un pilier. Une frontière invisible qu’on ne franchit pas sans conséquences.

Un silence lourd s’installa.


— Qui était ce jeune homme ? demandai-je finalement.


— Un fils de bonne famille, répondit-il avec amertume. Le fils d’Amar l’épicier. Comme quoi… l’éducation ne fait pas tout.


— Et ce sobriquet… « le Rouget » ? insistai-je.


Il leva les mains au ciel, exaspéré.


— Voilà bien ce qui me ronge ! Je n’en sais rien ! Certains n’ont que ça à faire… coller des noms aux gens, comme des étiquettes… par pure méchanceté.


Il balaya l’assemblée du regard, cherchant approbation, soutien, peut-être même complicité.

C’est alors que Daoud, l’un des sages du village, homme mesuré et respecté, s’avança légèrement. Sa voix, posée, contrastait avec l’agitation de Mohand u Idir.


— Mohand u Idir… dit-il calmement, ne laisse pas les paroles d’un ignorant troubler ta paix. Ceux qui te connaissent ne t’appelleront jamais autrement que par ton vrai nom. Un sobriquet… n’existe que si tu lui donnes de l’importance.


Quelques hochements de tête approuvèrent ses paroles.

Mais Mohand u Idir n’était pas homme à se calmer si vite. L’humiliation ,réelle ou imaginée, semblait encore brûler en lui.


— Il faut lui apprendre le respect ! s’emporta-t-il. Un jeune qui oublie les anciens… c’est un arbre aux racines pourries !


Nous l’écoutions, mi-sérieux, mi-amusés. Il parlait avec fougue, gesticulait, levait les bras, baissait la voix, puis la haussait à nouveau… exactement comme le faisait son père autrefois.

Car, au fond, nous savions tous.

Il n’y avait peut-être jamais eu de

 « Rouget ».

Ni d’affront.

Ni même de jeune insolent.

Ceux qui connaissaient Mohand u Idir savaient qu’il avait ce don rare : celui de transformer le vide en histoire, le silence en scène, et les matins ordinaires en petits théâtres vivants.


Puis, après une pause soigneusement calculée, il conclut d’un ton grave, presque solennel :


— Nous allons voir… Avec moi, ça ne restera pas sans réponse.


Un éclat de rire général fendit l’air encore frais du matin. La tension se dissipa aussitôt, comme une brume balayée par le soleil naissant. 

Les visages s’éclairèrent, les épaules se détendirent, et chacun reprit lentement son chemin.


En descendant vers Souk Wadda, une pensée me traversa, douce et mélancolique.

À la mosquée, il n’y avait presque plus de vieux.

Ceux qui, autrefois, occupaient  ces mêmes places, avaient disparu, emportés par le temps, un à un, sans bruit. Et voilà que, sans même nous en rendre compte, d’autres avaient pris leur place.

Les Mohand u Idir, les Youcef, les Daoud, les Yahia, les Madjid, les Abdelhamid, les Ramtan, les Noureddine… étaient devenus, à leur tour, les visages du matin.


Le temps n’avait rien brusqué.

Il avait simplement continué son œuvre, avec cette lenteur implacable qui ne demande la permission à personne.

Et nous, sans y prendre garde, nous avons vieilli avec les autres. 

— mars 2025.

Lyazid Ouali, l'écrivain,de la mémoire vivante.


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    . Bouznad Mohand Ameziane


/mohand-u-idir-guenzet-village-kabyle.


guenzet,memoire, kabylie


 

vendredi 10 avril 2026

Bouznad Mohand Ameziane.


Adieu l'artiste.

Hommage à une figure emblématique de Guenzet.



Bouznad Mohand Ameziane qui a vu le jour le 18 octobre 1946 est un chanteur- compositeur d'expression kabyle de Guenzet Ith Yaala. Originaire du hameau de Tammast, où il a grandi avant de rejoindre la capitale Alger.
A Belcourt, actuel Belouizdad, un lieu de rencontre des enfants du bled, il fit la connaissance de Plusieurs chanteurs.
Remarqué par son penchant artistique et sa belle voix il fût invité alors à l'émission "chanteur de demain" de la chaine II de la radio Algérienne, dirigée par le défunt Achrouf idir et Mehenni, sous la conduite de Cherif kheddam. Il y resta comme présentateur d'émissions de 1975 jusqu'à sa nomination en 1990, depuis il est en retraite.
Son album en 1978 "A tir sellam f- ath Yaala"- ô oiseau salut ath Yaala - dédié à son village.
Une seconde chanson qui porte le titre "assaru" - la désirée -en hommage à la femme d'ith Yaala.
Il est également l'auteur de la première chanson en octobre 1971, une complainte, "Ah! yul"-Oh mon cœur- dédiée à sa mère.
Outre la chanson, il faisait des animations et des sketchs à la Radio Chaine 2.
Il résidait à Alger mais il était très attaché à son village natal et y retournait régulièrement pour se ressourcer lors de ses séjours réguliers. Meziane décède le 14 avril 2024 des suites d'une longue maladie.
Que Dieu ait son âme.
A tir sellem f Ath Yaâla (Ô oiseau, salue Ath Yaâla)
Oiseau, salue Ath Yaâla
Et ne laisse aucun endroit
Les villages environnants
Ath wartirane, également
Salue de ma part Tammast
Et tout ceux qui me sont chères
De là,va vers Guenzet
Et les hameaux d'en face.
Salue les hommes et femmes
Les sages et les proches
Ces villages de dignité et de bravoure
De là science et du travail.
Ith Hafed, Aourir à côté
Et azru d'Ath warthiran
C'est par là où passe la rivière
De bousalem à Bougaa.
Tu passeras par les sommets
Ramène -moi de leurs nouvelles,
Aguemoun, ighvouliyen
Tamokra et Ath Djaâfar
De là, reviens par Ilmayen
Vgayeth, Sidi Aich, Leqsar
Des villages reconnus
Le pays de l'olivier et du labour,
Du paysage à Bouhamza
Aux hommes valeureux
Téméraires et dignes.
Salue, Achabu, Ith ferguen, ighil Ali.
D'ith Hala, descend vers Akbu,
Ce sont de valeureux gens
Accueillants et généreux.
Traduction approximative.

Lyazid Ouali.Ecrivain de la mémoire vivante.

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jeudi 9 avril 2026

Rêves d'été

 LIVRES:

 

RÊVES D'ÉTÉ, 
mémoire vivante d’un village kabyle. 

Il y a des lieux qui ne meurent jamais. Parce qu’ils vivent à travers ceux qui les ont habités.

Ce livre est un voyage au cœur du village, entre souvenirs, visages et silences.
Un hommage à ces vies simples mais essentielles.


 Aperçu :

 ves d’été – Lyazid Ouali

Il existe des livres que l’on lit…et d’autres que l’on ressent profondément.

Rêves d’été fait partie de ceux qui restent.

Dans ces pages, Lyazid Ouali ne raconte pas seulement une histoire, il réveille une mémoire. Celle des villages kabyles, des étés brûlants, des rires d’enfance et des silences chargés de sens.

À travers les voix de quatre jeunes villageois réunis durant les vacances d’été, le lecteur est invité à revivre ces instants simples mais inoubliables : les jeux, les rires, mais aussi les peines qui façonnent les êtres. Le récit s’entrelace avec l’histoire mystérieuse d’un homme sans nom, errant sans répit, symbole d’une quête inachevée et d’un destin suspendu.

C’est aussi un voyage vibrant au cœur d’un village kabyle, où chaque ruelle, chaque fête et chaque visage raconte une mémoire collective. Le temps semble y ralentir, laissant place à la transmission, à l’identité et à l’âme d’un peuple.

 Ce livre est une promesse :

· celle de retrouver une part de vous-même

· celle de redécouvrir la beauté des choses simples

· celle de ne jamais oublier d’où l’on vient

 Rêves d’été, c’est plus qu’un livre…c’est un retour aux sources.

 Ouvrez-le… et laissez-vous emporter.


  Pourquoi lire ce livre ?

· Pour retrouver une part de notre mémoire

· Pour découvrir des histoires vraies et touchantes

· Pour plonger dans un univers authentique et humain


 Prix : 500 DA


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Ce livre est destiné à un usage personnel.
Merci de respecter le travail d’écritu
re.


 Un mot de l’auteur

Ce livre n’est pas seulement un récit.
C’est une tentative de retenir ce que le temps emporte.

Si ces pages vous touchent, alors elles auront trouvé leur place.

Lyazid Ouali, Écrivain de la mémoire vivante.

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Les gens qui font mon village

Hadda, la porteuse d'eau

                             HADDA                  (Hadda Ubenathmane)                                         LA PORTEUSE D’EAU Hadda Uben...